Comme à chaque soir d’élections, sur les plateaux TV, tout le monde a gagné. Ou presque. Mais en réalité, il y a de grands perdants : les menteurs. Vous savez, cette pseudo-droite qui n’en a que le nom, et qui court dans les bras du « centre » dès qu’elle frissonne de peur… Cette pseudo-droite de ces personnalités désormais détestées, honnies, battues, telles qu’Estrosi, Dati ou Bayrou. Le peuple leur a dit « Adieu ». Espérons qu’ils comprennent.
D’une certaine manière, voir ceux-ci perdre est une plaisir de fin gourmet. La fausse droite, on se la traîne depuis trop longtemps. Depuis Giscard d’Estaing, probablement, cet homme qui avait promis le « changement dans la continuité » et qui a surtout inventé la droite qui a peur de son ombre : pro-européenne jusqu’à l’obséquiosité, atlantiste jusqu’à la soumission, toujours prête à tendre la main au centre ou même au PS pourvu qu’on ne la traite pas de « réactionnaire ». Chirac, Sarkozy (dans sa version tardive), puis tous les petits Giscard de service – Estrosi le « sécuritaire » qui finit dans les bras de Macron, Dati l’ex-ministre qui parade en macron-compatible, Bayrou l’éternel Modem qui n’a jamais su choisir son camp – ont perpétué cette ligne. Résultat ? Une droite qui refuse l’alliance avec le RN, qui tremble à l’idée d’un discours ferme sur l’immigration et la sécurité, et qui se fait dévorer sur sa droite. Il était temps qu’elle s’efface, qu’elle laisse la place aux jeunes loups qui n’ont pas peur de leur ombre. N’est-ce pas, Jordan ? Un boulevard s’ouvre devant vous, jeune homme ! À Nice, l’alliance droite dure-RN a montré la voie : quand on arrête de trahir ses électeurs, on gagne. Les autres villes suivront.
Mais il y a une autre leçon, plus profonde, à retenir de l’évolution du paysage politique français. Entrer en politique n’intéresse plus du tout les grands intellectuels, l’élite, les vrais talents. Ils préfèrent le privé, les cabinets d’avocats, les conseils d’administration, les start-up ou les plateaux de télé bien payés. Et on les comprend. Se retrouver à débattre avec Mathilde Panot ou Éric Coquerel, non merci. Se prendre une enquête de Mediapart sur le moindre grain de beauté, le moindre SMS, le moindre dîner oublié, non merci. Devoir déclarer ses boutons de manchettes en or, ses montres, ses tableaux, et découvrir que tout est consultable en trois clics sur le site de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, non merci. Ajoutez à cela les perquisitions à l’aube, les juges rouges, les médias militants, et vous obtenez l’exercice politique rendu volontairement insupportable.
On a voulu « moraliser » la vie politique jusqu’à l’asphyxie ; on a obtenu une classe politique de second rang, où les plus visibles sont souvent les plus médiocres.
Ce 22 mars 2026 marque donc une double rupture : la fin d’une certaine droite honteuse, et l’accélération de la désertion des élites. Les urnes ont parlé fort. Les menteurs sont battus. Place aux autres. Et que les jeunes loups, sans complexes et sans excuses, s’engouffrent dans le boulevard qui s’ouvre. Le peuple n’attend que ça.
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