Défense : feu vert des députés à un effort financier massif de 36 milliards d’euros

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L’Assemblée nationale a adopté mardi 19 mai, en première lecture, la révision de la loi de programmation militaire (LPM) 2024-2030, qui prévoit 36 milliards d’euros supplémentaires pour les armées d’ici à la fin de la décennie.

Le texte a été voté par 440 voix pour et 122 contre. Le camp gouvernemental, le Rassemblement national et le Parti socialiste ont voté en faveur du projet, tandis que le reste de la gauche (LFI et écologistes) s’y est opposé, dénonçant notamment des mesures jugées « liberticides ».

Un effort financier inédit

Cette révision porte le budget total des armées à 436 milliards d’euros sur la période 2024-2030, soit 36 milliards de plus que la trajectoire initiale fixée en 2023. La ministre des Armées, Catherine Vautrin, a salué ce vote : « Cette loi permet de répondre à l’accélération de la menace. »

Le projet répond à un contexte géopolitique dégradé, marqué par la guerre en Ukraine, les tensions au Moyen-Orient et la montée en puissance des menaces hybrides (cyber, drones, sabotage). Il vise à accélérer la modernisation des équipements, le renforcement des capacités opérationnelles et la montée en puissance de l’industrie de défense française.

Le texte doit désormais être examiné par le Sénat à partir du 2 juin.

Mesures contestées par la gauche

Au-delà de l’aspect budgétaire, le projet contient plusieurs dispositions controversées, notamment l’instauration d’un « état d’alerte de sécurité nationale », un nouveau régime d’exception permettant à l’exécutif de prendre rapidement des mesures de simplification administrative (dérogations environnementales ou d’urbanisme) en cas de crise majeure.

La gauche a critiqué les « contours flous » de ce dispositif, estimant qu’il risquait d’accroître les pouvoirs de l’exécutif au détriment du Parlement. Plusieurs amendements demandant un contrôle parlementaire plus strict ont été rejetés.

Autres dispositions adoptées

Les députés ont également validé :

  • La possibilité pour certains opérateurs privés (aéroports notamment) de recourir à des dispositifs de brouillage ou de neutralisation de drones, et de déléguer cette mission à des sous-traitants ;
  • L’élargissement des capacités des services de renseignement à utiliser des algorithmes pour analyser des données de connexion ;
  • Des mesures encadrant la liberté d’expression des agents et anciens agents des services de renseignement.

Le vote de mardi constitue une étape importante pour le gouvernement, qui souhaite finaliser cette révision avant l’été afin de donner une visibilité budgétaire et stratégique claire aux armées dans un environnement international instable.

Le texte, une fois adopté définitivement par le Parlement, portera les dépenses militaires annuelles à un niveau inédit, traduisant la volonté de la France de renforcer sa souveraineté et sa capacité de dissuasion face aux nouvelles menaces.

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