Les grands électeurs se sont prononcés dimanche 27 septembre pour renouveler 178 des 348 sièges du Sénat. Plus de 93 000 votants, essentiellement des conseillers municipaux, étaient appelés aux urnes, de l’Ain à l’Indre et du Bas-Rhin au Territoire de Belfort, en passant par la Guyane. La fermeture des bureaux est fixée à 17h30.
Avant la clôture, les premiers résultats sont intervenus dans les départements les plus petits, au scrutin majoritaire à deux tours. Une dizaine de sénateurs sortants y ont été réélus dès le premier tour. Parmi eux figurent Mathieu Darnaud (Les Républicains), chef de groupe, en Ardèche, et Claude Malhuret (Horizons) dans l’Allier. En Charente, François Bonneau a également été reconduit dès le premier tour.
À ce stade, la droite majoritaire et ses alliés centristes ont gagné deux sièges. Elle redoute toutefois des pertes dans les départements les plus peuplés, où le scrutin est proportionnel.
Le Rassemblement national, qui dispose actuellement de trois sénateurs, devrait tripler, voire quadrupler, ses effectifs, selon les observateurs. Le parti vise dix élus, seuil permettant de former pour la première fois un groupe parlementaire à la chambre haute. Sa progression s’est traduite par une forte hausse des voix par rapport à 2020 : le score a été multiplié par cinq dans l’Aude et en Ardèche, et par quatre dans le Cher. En déplacement dans le Var, le président du RN, Jordan Bardella, pourrait annoncer la création de ce groupe.
La députée Edwige Diaz, candidate en Gironde, affirme qu’« à sept mois de la présidentielle, cela enverrait un signal » et qu’« un groupe RN au Sénat contribuera au rééquilibrage de représentativité au Parlement ».
Gérard Larcher, à la tête de l’institution depuis quinze ans, n’est pas menacé pour sa réélection à la présidence du Sénat, prévue jeudi. La majorité Les Républicains-centristes n’est pas en danger dans l’ensemble.
À gauche, les socialistes espèrent limiter les pertes après des municipales en demi-teinte. Les écologistes craignent des revers ; une candidature dissidente dans le Rhône, celle de Bruno Bernard, pourrait toutefois leur offrir un siège supplémentaire au détriment d’Hélène Geoffroy, tout en hypothéquant les chances de Gabriel Amard pour La France insoumise.
Hervé Marseille, président de l’Union centriste, estime qu’« avec l’affaiblissement de LR, c’est plutôt l’espace central qui s’affirme » et que l’on aspire « à être plus nombreux ». Le groupe macroniste RDPI, privé de François Patriat décédé cet été, a enregistré dimanche matin la défaite de son sénateur sortant à Wallis-et-Futuna. Les effectifs définitifs ne seront connus que dans les jours suivants les rattachements d’élus divers droite et divers centre.
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