Sénatoriales : le RN en embuscade dans les bastions de droite

Vendredi 11 septembre, les dossiers de candidature pour les sénatoriales du 27 septembre ont commencé à être enregistrés ; les préfectures acceptent les derniers dépôts jusqu’à 18 heures.

Dans plusieurs fiefs ancrés à droite — Var, Alpes-Maritimes et Vaucluse en tête —, le Rassemblement national vise des gains de sièges. Appuyé sur sa dynamique municipale et fort de trois sénateurs seulement, le parti de Marine Le Pen ambitionne d’en obtenir au minimum dix afin de former pour la première fois un groupe au Palais du Luxembourg.

« Il est anormal que le premier parti de France n’ait pas de groupe au Sénat », a affirmé Ludovic Pajot, directeur de campagne du RN. Il appelle à « un rééquilibrage démocratique » et compte sur « la division de la droite ».

Une majorité confortable reste probable pour Les Républicains et leurs partenaires centristes. Sur le terrain, la droite se trouve pourtant morcelée, sur fond de friction nationale entre la stratégie autonome de Bruno Retailleau en vue de 2027 et les invitations à élargir l’alliance vers le centre.

Bouches-du-Rhône et Vendée

Dans les Bouches-du-Rhône, une liste de rassemblement associant élus centristes et de droite a été construite sous l’égide du président de région Renaud Muselier (Renaissance) ; le président du Sénat Gérard Larcher (LR) lui apporte son appui. Valérie Boyer (LR), initialement pressentie en troisième place sur ce ticket, a préféré une candidature isolée pour porter une droite « libre », distante du macronisme. Bruno Retailleau soutient sa démarche.

Sur X, Hervé Marseille, président de l’UDI et du groupe des sénateurs centristes, a qualifié d’« coup de poignard » l’intervention de Bruno Retailleau.

Gérard Larcher a de son côté déploré que « la division, c’est toujours un poison », alors que, dans le Var aussi, droite et centre s’éparpillent. En Vendée, Bruno Retailleau conduit malgré tout une liste commune avec l’UDI et Horizons, sans pour autant ouvrir la porte à un ralliement à Édouard Philippe pour l’élection présidentielle.

Le camp macroniste n’est pas épargné par les frictions. Candidate Renaissance dans l’Ain face à la droite, la députée Olga Givernet a fait part à Emmanuel Macron de son irritation face au peu d’appui de la section locale d’Horizons. Ce déficit de relais marque les esprits.

Roger Karoutchi, président LR de la commission d’investiture, estime au contraire que « les perturbations de la campagne présidentielle n’ont quasiment aucune portée » et que les préoccupations des grands électeurs restent essentiellement locales.

Tensions à gauche

À gauche, les lignes de fracture ne manquent pas non plus. Première force d’opposition au Sénat, le Parti socialiste s’entend avec les écologistes en Seine-Maritime comme dans le Rhône, tout en s’y heurtant en Haute-Garonne, dans le Bas-Rhin ou en Gironde, où un candidat divers gauche bénéficie de l’appui des Verts et de La France insoumise.

Forte de sa poussée aux municipales, La France insoumise a présenté des candidats dans la quasi-totalité des départements, avec l’espoir de devenir « incontournable » face aux figures de « la vieille gauche ». Dans le Rhône, le député Gabriel Amard caresse des ambitions. Une percée plus large au Sénat semble toutefois renvoyée à 2029, lors du renouvellement des sièges d’Île-de-France.

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