Édouard Philippe s’est déclaré samedi sur France 5 « tout à fait prêt » à soutenir la panthéonisation de Samuel Paty. Le maire du Havre, figure de proue de la « droite » macron-compatible, affirme avoir été contacté par la sœur du professeur assassiné et se dit favorable à ce que cet homme entre au Panthéon.
On pourrait saluer le geste. On pourrait même y voir une forme de réparation. Mais quand on regarde de plus près, ce soudain élan de la fausse droite ressemble furieusement à une opération de communication électorale cynique.
Honorer la victime de ses propres renoncements
Samuel Paty a été décapité en octobre 2020 pour avoir montré des caricatures de Mahomet en cours d’histoire-géographie. Il est mort parce qu’il faisait simplement son métier : transmettre les valeurs de la République face à l’obscurantisme islamiste. Il est mort parce que l’État, pendant des années, a laissé se développer le communautarisme, l’islam politique et la haine de la France dans certains territoires.
Et aujourd’hui, ceux qui ont piloté ou accompagné cette politique d’impuissance et de lâcheté pendant près d’une décennie veulent soudain faire de lui un grand homme de la République.
Édouard Philippe, ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron, fait partie de ceux qui ont longtemps minimisé le danger islamiste, privilégié l’« apaisement » et la « cohésion sociale » plutôt que l’autorité et le courage. Comme beaucoup de ses amis du centre et de la macronie, il a participé à ce climat où dénoncer l’islamisme radical vous valait aussitôt l’étiquette d’« islamophobe » ou de « lepéniste ».
Aujourd’hui, à l’approche de 2027, le voilà qui monte au créneau pour panthéoniser la victime emblématique de ce laxisme.
La stratégie du symbole pour éviter les actes
Panthéoniser Samuel Paty permettrait à la fausse droite de faire un coup double :
- Se donner une image de fermeté républicaine sans avoir à changer réellement de politique.
- Récupérer un symbole fort pour tenter de séduire un électorat de droite dégoûté par le bilan Macron.
C’est une manœuvre classique : on honore le mort pour mieux oublier les responsabilités des vivants. On transforme une victime de l’échec sécuritaire et culturel en icône républicaine, tout en continuant, dans les faits, à pratiquer la même politique d’accommodements raisonnables, de quotas migratoires indicatifs et de « vivre-ensemble » incantatoire.
Car il ne faut pas se tromper : derrière les belles paroles sur « le don de sa vie à la République », il y a surtout une volonté de capter l’émotion légitime que suscite encore le martyr de Conflans-Saint-Honorine. Une émotion que la gauche radicale et une partie de la macronie ont longtemps tenté d’étouffer.
Un Panthéon qui arrange tout le monde (sauf les Français)
Édouard Philippe n’est pas le seul à jouer cette carte. Plusieurs voix du bloc central se sont déjà positionnées. C’est tellement plus facile de faire entrer un professeur assassiné au Panthéon que de mener une véritable politique de fermeté : expulsions massives, fermeture des mosquées radicales, contrôle réel des frontières, réforme de l’école, fin du clientélisme ethnique.
Panthéoniser Samuel Paty deviendrait alors le geste symbolique ultime : on pleure le mort, on célèbre son courage, et on continue exactement comme avant. La fausse droite espère ainsi se refaire une virginité républicaine à peu de frais, juste à temps pour la présidentielle.
Mais les Français ne sont pas dupes. Ils savent que Samuel Paty n’est pas mort par hasard. Il est mort parce que pendant trop longtemps, on a préféré flatter les communautés plutôt que défendre la République. Parce que la lâcheté a été érigée en principe de gouvernement.
Utiliser son nom et son sacrifice pour redorer le blason d’une famille politique qui porte une lourde part de responsabilité dans son assassinat relève du mauvais goût le plus complet.
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