PS en crise, primaire en péril : la gauche s’enlise

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La scène est presque devenue familière. À chaque échéance présidentielle, la gauche promet de se rassembler, d’organiser une primaire, de faire émerger un candidat unique capable de peser face à ses adversaires. Et, à chaque fois, les mêmes fissures réapparaissent. Cette fois encore, le scénario semble écrit d’avance.

À un an de la présidentielle, la fameuse primaire de la gauche dite « unitaire » ressemble de plus en plus à un mirage. Portée notamment par Marine Tondelier, elle devait permettre de dépasser les divisions chroniques de la gauche non-mélenchoniste. Mais le réel, une fois de plus, s’impose avec brutalité.

Car du côté du Parti socialiste, rien ne va plus. Officiellement, Olivier Faure soutient le principe de cette primaire. Officieusement, il apparaît de plus en plus isolé au sein de son propre camp. Entre critiques internes, règlements de comptes post-municipales et luttes d’influence, le premier secrétaire est contesté jusque dans ses rangs.

Le problème est simple : une large partie des socialistes ne veut pas de cette primaire. Jugée inutile, voire dangereuse, elle est perçue comme un piège susceptible d’affaiblir encore davantage un parti déjà fragilisé. Certains la surnomment même, non sans ironie, la « petite primaire » — une manière de souligner son manque de crédibilité.

Dans ce contexte, la posture de Marine Tondelier prend des allures de baroud d’honneur. La patronne des Écologistes multiplie les appels à l’union, promet un manifeste « de la dernière chance », tente de mettre la pression sur ses partenaires socialistes. Mais ses exhortations peinent à masquer une réalité de plus en plus évidente : sans le PS, cette primaire n’a tout simplement pas de sens.

Et pendant ce temps, d’autres acteurs avancent leurs pions. Raphaël Glucksmann, bien placé dans les sondages, regarde le spectacle à distance, sans s’engager. Clémentine Autain et François Ruffin, eux, tentent d’exister dans cet espace incertain, espérant incarner une alternative. Mais leur dynamique reste limitée, faute de cadre commun solide.

Au sein du PS, certains réfléchissent déjà à une autre voie. Plutôt qu’une primaire, ils évoquent une « coalition » construite autour d’un projet, d’où émergerait ensuite un candidat. Une approche plus pragmatique, censée éviter les divisions publiques et les affrontements stériles. Autrement dit : enterrer discrètement la primaire sans le dire.

Car c’est bien là tout le paradoxe. Officiellement, le projet existe encore. Des dates sont évoquées, des structures ont été créées, des candidatures se dessinent. Mais, en coulisses, plus personne n’y croit vraiment. Comme le confie un cadre socialiste, avec un sourire à peine dissimulé : « tout le monde fait semblant d’y croire ».

Cette phrase résume à elle seule l’état de la gauche aujourd’hui. Une famille politique incapable de trancher, paralysée par ses divisions, prisonnière de ses calculs internes. Et pendant qu’elle tergiverse, le calendrier avance.

Faute d’accord, le risque est désormais clair : une multiplication des candidatures, une dispersion des voix, et au bout du chemin, une élimination dès le premier tour. Un scénario déjà vu, mais que certains semblent prêts à rejouer.

À droite, on observe la situation avec un mélange d’amusement et de lucidité. Car plus la gauche se divise, plus le terrain se dégage pour ses adversaires.

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