Marine Le Pen envisage un prêt à taux zéro pour les voitures propres

Marine Le Pen a présenté mardi 6 octobre au siège du Rassemblement national les grandes lignes de son programme économique en vue de l’élection présidentielle de 2027. Ce plan prévoit 140 milliards d’euros d’économies sur cinq ans, jusqu’en 2032.

Parmi les propositions avancées, elle a indiqué réfléchir à l’ouverture de prêts à taux zéro pour financer l’achat de voitures peu polluantes, un dispositif qu’elle a qualifié de « mieux qu’un chèque ». « Nous réfléchissons d’ailleurs à ouvrir les prêts à taux zéro au financement des voitures propres. À ce titre, nous reverrons totalement le malus auto pour qu’il sanctionne les voitures produites dans des conditions polluantes et favorise les voitures fabriquées en France », a-t-elle déclaré.

La mesure serait nationale et pourrait être étendue aux véhicules essence et diesel récents. Des économistes estiment son coût entre 200 et 500 millions d’euros par an. Le financement s’appuierait sur le plan d’économies, notamment par la rationalisation des agences d’État et la lutte contre la fraude à la TVA.

Un prêt à taux zéro « Mobilité » existe depuis 2023 pour les ménages à bas revenus résidant dans une zone à faibles émissions, pour l’achat de voitures électriques ou hybrides rechargeables. La droite du bloc central juge ce dispositif un échec.

Marine Le Pen vise la neutralité carbone avant 2050 par le biais des voitures propres, sans subventionner le solaire ni l’éolien, et s’oppose aux zones à faibles émissions. La réforme du malus automobile selon des critères environnementaux favorisant la production française comporte un risque de conflit avec le droit européen.

Paul Midy a affirmé : « J’en suis tombé de ma chaise », et a qualifié les économies annoncées de « fantaisistes ». Édouard Philippe a dénoncé une « escroquerie intellectuelle » et estimé que « la calculatrice du RN s’est emballée ». Jean-Luc Mélenchon a jugé que le plan de 140 milliards d’euros et la « règle d’or » condamneraient à des « coupes budgétaires et récession pendant 120 ans ». Roland Lescure a qualifié les mesures d’« incantatoires » et d’« inapplicables », ajoutant : « Vous rêvez en couleur ! »

À gauche et chez les écologistes, la proposition est dénoncée comme un outil électoraliste risquant de financer des véhicules essence ou diesel plutôt que l’électrique, en contradiction avec la proposition d’une TVA à 5,5 % sur les carburants. Juliette Briens a déclaré : « C’est mieux qu’un chèque, les classes moyennes et moyennes supérieures sont quand même des vaches à lait et n’ont droit à rien, donc j’aime bien cette idée. »

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