Quelle bouffée d’oxygène dans ce printemps politique morose ! Alors que Jean-Luc Mélenchon vient d’annoncer sa quatrième candidature à la présidentielle, un sondage Ipsos BVA pour La Tribune Dimanche tombe comme un verdict sans appel : sept Français sur dix considèrent le leader de La France Insoumise comme un handicap majeur pour faire gagner la gauche. Mieux encore : 55 % des sympathisants de gauche eux-mêmes partagent ce constat lucide. On ose à peine y croire. La raison semble enfin reprendre ses droits.
Un rejet massif et salutaire
70 %. Ce chiffre claque comme une gifle bien méritée. Il ne s’agit pas d’un simple désamour : c’est une condamnation en règle. L’« agressivité » de Mélenchon est pointée du doigt par 64 % des sondés, ses « propos qui créent la polémique » par 60 %. Et que dire des soupçons d’antisémitisme, qualifiés d’« élément absolument majeur » par le directeur d’Ipsos, Brice Teinturier ? Ces dérives, loin de consolider un hypothétique « socle populaire », bloquent tout élargissement. Le tribun insoumis reste prisonnier de son propre personnage : brillant orateur (45 % le reconnaissent), certes, mais radical, clivant et de plus en plus isolé.
Même à gauche, où la fidélité militante confine parfois à la secte, la majorité a ouvert les yeux. 55 % contre 39 %. Le message est limpide : « Arrêtez, avec lui on va droit dans le mur. » Après des années de surenchère, d’alliances douteuses, de complaisance face aux islamistes radicaux et de rhétorique anti-républicaine, une partie de l’électorat de gauche refuse enfin d’être prise en otage.
Une candidature qui arrange tout le monde… sauf LFI
À 75 ans l’année prochaine, Mélenchon se présente comme l’homme d’expérience. Le sondage lui accorde d’ailleurs ce crédit auprès de 41 % des Français. Mais l’expérience, quand elle se résume à trois échecs cuisants et à une radicalisation continue, devient un fardeau. Pendant ce temps, à droite et au centre, les vrais outsiders progressent : Jordan Bardella et Marine Le Pen caracolent en tête, Gabriel Attal gagne du terrain, Édouard Philippe et les autres macronistes survivants tentent de surnager.
Pour la gauche non-insoumise, ce sondage est une bénédiction. Il légitime enfin les voix qui osent dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas : Mélenchon est l’obstacle principal à toute victoire possible en 2027. François Hollande grappille quelques points – ne riez pas -, Raphaël Glucksmann stagne, mais tous savent désormais qu’il faut se démarquer clairement du mélenchonisme pour exister. La fracture est consommée, et c’est tant mieux.
Vers une gauche enfin débarrassée de son pire ennemi
Ce sondage révèle une vérité profonde : la France est fatiguée des postures révolutionnaires de salon, des appels à « l’insurrection populaire » et des discours qui divisent plus qu’ils ne rassemblent. Mélenchon a réussi l’exploit de rendre la gauche toxique aux yeux d’une grande partie de ses propres électeurs. Son âge ? Peu de gens s’en soucient (seulement 19 % y voient un handicap). Non, le vrai problème, c’est son projet, son style, son entourage et ses ambiguïtés.
On se réjouit donc doublement :
- Pour la droite et le centre, qui voient leur adversaire le plus dangereux s’affaiblir de l’intérieur.
- Pour une partie de la gauche raisonnable, qui peut enfin envisager de reconstruire sans ce poids mort qui l’entraîne vers les extrêmes.
La France de 2027 n’a pas besoin d’un nouveau Robespierre numérique ni d’un Castro des plateaux télé. Elle a besoin de sérieux, de réalisme et d’unité républicaine. Ce sondage prouve que l’immense majorité des Français – y compris à gauche – l’a compris.
Jean-Luc Mélenchon peut continuer à haranguer ses fidèles, à ironiser sur les noms à consonance juive et à promettre la « Nouvelle France ». Les chiffres sont là : il est devenu le meilleur allié objectif de ses adversaires. Plus il s’agite, plus il creuse sa tombe électorale.
Et pour cela, aujourd’hui, on a le droit de se réjouir. Calmement, mais profondément.
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