Après des années à nous expliquer que l’immigration était une chance, une opportunité, une richesse inestimable, voilà que Gérald Darmanin, garde des Sceaux et fidèle parmi les fidèles d’Emmanuel Macron, nous annonce avec la gravité d’un homme qui vient d’avoir une illumination : il faut « un moratoire de trois ans sur l’immigration légale ».
Trois ans. Pas un de plus, pas un de moins. Comme si le problème qui s’est construit patiemment depuis quarante ans pouvait se régler avec un petit temps mort, tel un match de foot où l’on demande une pause parce que le score est un peu trop déséquilibré.
Quarante ans de laxisme, et soudain le réveil
Dans un entretien au Journal du Dimanche, l’ancien ministre de l’Intérieur devenu garde des Sceaux explique doctement que « nous sommes arrivés à la limite de nos capacités d’intégration et d’assimilation ». On est presque ému. Après avoir passé neuf ans dans les gouvernements Macron, après avoir été aux premières loges de la politique migratoire de ce quinquennat (et du précédent), après avoir défendu des textes parfois ambitieux mais systématiquement édulcorés ou vidés de leur substance, Darmanin semble découvrir que la marmite déborde.
Mieux encore : il propose de « mettre fin à l’immigration telle qu’elle est aujourd’hui », de supprimer le regroupement familial pour les titres de séjour travail, et surtout de réformer la Constitution pour passer à de vrais quotas « limitatifs » et non plus indicatifs. On applaudit lentement. L’idée est excellente… en 2017. Ou même en 2012. Ou en 2007. Mais en 2026, après des décennies de politiques successives qui ont toutes échoué à maîtriser les flux, cela ressemble furieusement à un mea culpa tardif déguisé en proposition audacieuse.
Le génie du moratoire de trois ans
On imagine déjà le raisonnement macronien : trois ans, c’est assez long pour calmer les électeurs inquiets, assez court pour ne pas fâcher les milieux économiques qui réclament toujours plus de main-d’œuvre bon marché, et surtout assez flou pour ne rien changer concrètement d’ici 2027. Un petit tour de passe-passe sémantique : on annonce la rupture tout en restant dans la continuité.
Car enfin, Monsieur Darmanin, vous étiez là pendant toutes ces années. Vous étiez ministre de l’Intérieur quand les arrivées clandestines explosaient, quand les OQTF devenaient des plaisanteries, quand les centres d’hébergement tournaient à plein régime. Vous étiez aux manettes quand on nous expliquait doctement que les frontières n’existaient plus vraiment et que le « vivre-ensemble » allait tout résoudre par magie.
Et maintenant, à quelques mois d’une présidentielle où l’immigration sera au cœur des débats, vous proposez un moratoire de trois ans. C’est presque touchant de naïveté. Comme si le pays allait oublier quarante années de mauvaise gestion en claquant des doigts et en posant un gentil panneau « pause » sur les flux migratoires.
Le sauveur de dernière minute
Darmanin assure également qu’il n’a « jamais eu peur de la parole donnée au peuple » et qu’il faudra changer la Constitution. On est rassuré. Après avoir fait partie d’un pouvoir qui a souvent contourné ou méprisé l’opinion publique sur ces sujets, le voilà qui se découvre soudain démocrate fervent.
On attend avec impatience de voir comment ce moratoire de trois ans va résister aux réalités : les lobbies économiques, les associations militantes, les partenaires européens, les juges, et surtout la machine administrative française, championne du monde de l’inertie. Parier sur trois petites années pour « tout remettre à plat », c’est soit faire preuve d’un optimisme confondant, soit prendre les Français pour des imbéciles.
En attendant, Gérald Darmanin continue de se positionner pour 2027. Il trouve Édouard Philippe « le mieux placé », salue Gabriel Attal et Bruno Retailleau. On sent le stratège qui prépare son terrain. Mais on se demande tout de même : comment un homme qui a été au cœur du système pendant près d’une décennie peut-il sérieusement se présenter comme celui qui va enfin régler le problème qu’il a contribué à laisser s’aggraver ?
Trois ans de moratoire. C’est long pour un effet d’annonce. C’est très court pour réparer quarante ans de renoncements.
Bienvenue dans la politique française version 2026 : on crée les problèmes pendant dix ans, on propose des solutions miracles pour trois, et on espère que les électeurs auront la mémoire courte.
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