Édouard Philippe a accusé vendredi 9 octobre Marine Le Pen de formuler des propositions « très dangereuses pour les agriculteurs français » et « contraires à l’intérêt de la France ». Le candidat d’Horizons à l’élection présidentielle et maire du Havre s’exprimait lors d’une visite au Sommet de l’élevage à Cournon-d’Auvergne (Puy-de-Dôme).
« Elle n’ose pas dire qu’elle veut sortir de l’Europe. Mais elle propose des mesures qui auront pour effet immanquablement de détruire la cohésion européenne », a-t-il déclaré. Marine Le Pen, a-t-il précisé, « veut rétablir une tarification nationale, c’est-à-dire au fond des droits de douane nationaux, ce qui revient progressivement à réduire l’Europe à rien » et « veut ensuite couper très fortement dans le financement de l’Europe ».
« Une Europe effritée dans sa capacité à discuter avec les grandes puissances continentales, l’Amérique du Sud, l’Amérique du Nord, le Canada, l’Inde, la Chine demain, c’est une Europe incroyablement faible. Donc je pense que les propositions qu’elle a formulées sont très dangereuses pour les agriculteurs français », a-t-il ajouté.
Deux jours plus tôt, le 7 octobre, Marine Le Pen avait été chaleureusement accueillie au même sommet. Édouard Philippe a pour sa part été reçu avec circonspection par les syndicats agricoles, alors que les éleveurs sont confrontés à une sécheresse exceptionnelle et à une hausse des charges.
Édouard Philippe a rappelé ses priorités agricoles : l’alignement des normes françaises sur celles des concurrents européens, une meilleure utilisation, un meilleur stockage et une meilleure réutilisation de l’eau, ainsi que la facilitation de la transmission des exploitations. Marine Le Pen défend, de son côté, l’élimination des surtranspositions de normes, le stockage d’eau et une révision du pacte Dutreil pour la transmission.
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