Catastrophe scolaire : les élèves français n’ont jamais été aussi faibles

DR

On connaissait le coup de massue tous les trois ans. Cette fois, c’est un enterrement. Les résultats PISA 2025, publiés le 8 septembre par l’OCDE, placent la France à ses plus bas niveaux depuis plus de vingt ans : 458 points en mathématiques (34e), 456 en compréhension de l’écrit (28e), 483 en sciences. Des chutes de 16 points en maths et 18 points en lecture par rapport à 2022. En dix ans, 44 points perdus en lecture. L’équivalent de deux années d’apprentissage. Vertigineux.

Ce n’est plus seulement « la France stagne ». C’est la France qui recule pendant que le niveau mondial s’effondre, surtout en lecture. Difficulté à lire un texte de 400 mots, incapacité à croiser plusieurs informations, lecture hâtive, esprit critique en berne. Les pays asiatiques restent en tête (provinces chinoises, Singapour, Japon, Corée), mais même eux baissent. L’Irlande, l’Allemagne, la Finlande — hier encore modèles — accusent des reculs comparables. L’OCDE parle d’une « performance moyenne la plus faible jamais observée » dans les pays membres.

Les causes ne sont plus un mystère. Les adolescents sont saturés d’écrans et de fils d’actualité. Ils survolent au lieu de lire. Ils déléguent à ChatGPT au lieu de penser. L’OCDE le dit sans détour : les élèves qui n’utilisent jamais l’IA pour résumer, rechercher ou rédiger obtiennent en moyenne 20 points de plus — une année scolaire. Ceux qui l’utilisent quotidiennement sont les plus faibles. Le « plaisir des sciences » résiste un peu mieux, parce qu’on peut encore « vendre » l’expérience. Les maths et la lecture, plus abstraites, s’effondrent.

Autre chiffre glacial : l’implication des parents. En 2023, 63 % des élèves disaient que leurs parents s’intéressaient à ce qu’ils apprenaient en classe. Ils ne sont plus que 49 %. L’OCDE tire la sonnette d’alarme depuis des années. Cette fois, la chute est « colossale ».

On nous vendait aussi que la France réduisait enfin les inégalités sociales. Faux réconfort. Les écarts se resserrent parce que les élèves des milieux aisés ont chuté plus fort que les autres : -38 points en maths, -52 en lecture entre 2016 et 2022. Les défavorisés baissent aussi, mais moins. Résultat : l’élite fond. Seulement 5 % d’élèves très performants en maths et en lecture, sous la moyenne de l’OCDE. En sciences, 3 % seulement, contre 25-27 % en Chine et aux États-Unis. Dans un monde qui réclame des talents scientifiques, c’est un suicide collectif.

Et il y a le sujet que beaucoup de rédactions évitent. Les élèves issus de l’immigration (première et deuxième génération) accusent un retard de 47 points en lecture, 53 en maths et 57 en sciences par rapport aux autres. Plus de deux années et demie de scolarité. L’écart est plus fort en France que dans la moyenne de l’OCDE. Quand un pays change durablement la composition de ses classes sans adapter ni l’exigence ni le rythme, le niveau moyen plonge. Ce n’est pas une opinion. C’est dans les données.

Le ministre Édouard Geffray trouve les résultats « préoccupants mais pas une surprise ». Il promet qu’avec de la pédagogie et de l’autonomie des établissements, on pourrait revenir dans le peloton de tête en 2033. Sept ans. Comme si le problème était un manque de réunions et de « chantiers ». On a déjà eu les réformes Blanquer, les « fondamentaux », le choc des savoirs, l’interdiction du téléphone. Le niveau continue de descendre.

La vérité est plus simple et plus dure. On a cessé d’exiger l’effort, on a remplacé le livre par l’écran, on a délégué la pensée à la machine, on a dilué les classes et on a regardé ailleurs quand la démographie scolaire changeait. Le classement PISA n’est pas une statistique parmi d’autres. C’est le miroir d’un pays qui n’arrive plus à transmettre ce qu’il savait. Et d’une génération qui, demain, devra faire fonctionner une économie, une administration et une démocratie avec des outils cognitifs de plus en plus émoussés.

Ce n’est pas une alerte. C’est un constat d’échec.

L'actualité internationale et les enjeux géopolitiques ont une grande influence sur la vie des Français. Pour cette raison, le Journal des Français fournit à ses lecteurs une relation et une analyse des événements internationaux les plus importants.

Vous lisez cet article parce qu'il est d'accès entièrement gratuit, offert à tous les lecteurs. D'autres articles sont réservés à nos abonnés.

En choisissant de vous abonner, vous permettez à la presse non-subventionnée d'exister et de vous informer avec un regard libre sur les événements internationaux.

5€/mois — petits revenus

70€/an — 2 mois offerts

Soit l’équivalent de 5,83€/mois.

1 Commentaire


Le Journal des Francais