La Fête de la Musique, supposée célébrer le partage et la diversité culturelle, se transforme une fois de plus en révélateur des fractures françaises. Après le désistement d’un premier chanteur, la ville de Bruay-la-Buissière, dirigée par une municipalité Rassemblement National depuis 2020, essuie un nouveau refus : celui d’Amel Bent. Officiellement pour des raisons techniques, mais les coulisses laissent peu de place au doute : la chanteuse ne souhaiterait tout simplement pas se produire devant des électeurs du RN.
Une annulation de dernière minute aux motifs flous
Mercredi 17 juin, à seulement deux jours de l’événement prévu place Marmottan, la municipalité de Bruay-la-Buissière a dû annoncer l’annulation du concert gratuit d’Amel Bent. Dans son communiqué, la mairie évoque « l’indisponibilité d’une partie de l’équipe artistique et technique ». Un motif classique, pratique, qui permet d’éviter tout débat frontal.
Pourtant, selon La Voix du Nord, l’interprète de Ma Philosophie refuserait tout simplement de chanter dans une ville gérée par le Rassemblement National. Ce n’est pas la première fois qu’Amel Bent exprime publiquement son opposition au parti de Jordan Bardella.
Boycott sélectif et mépris démocratique
Ce nouvel épisode illustre une tendance lourde à gauche et dans une partie du show-business français : le refus de considérer les électeurs du RN comme des citoyens à part entière. Amel Bent, comme d’autres artistes engagés, semble opérer une distinction entre le public « acceptable » et celui des territoires qui ont osé voter pour un parti jugé infréquentable.
Ce mépris est particulièrement frappant dans une commune populaire du Pas-de-Calais, où les habitants font face aux mêmes difficultés que beaucoup de Français : insécurité, immigration incontrôlée, perte de repères culturels et économiques. En refusant de s’y produire, Amel Bent envoie un message clair : vos votes vous rendent indignes d’un concert gratuit de Fête de la Musique.
Ce n’est pas un simple caprice d’artiste. C’est une forme de boycott culturel qui punit des électeurs pour leur choix démocratique. Un comportement qui contraste violemment avec les discours habituels sur l’« inclusion », la « tolérance » et le « vivre-ensemble ». Quand il s’agit des électeurs du RN, ces beaux principes s’évaporent instantanément.
Un parti qui dérange… parce qu’il gagne
Depuis la victoire du RN à Bruay-la-Buissière en 2020, la municipalité gère une ville comme tant d’autres en France : avec pragmatisme, en essayant de répondre aux attentes de ses administrés. Le fait que des artistes de renom annulent leurs prestations pose une question plus large : jusqu’où ira cette ostracisation des territoires « RN » ?
On se souvient d’autres cas similaires où des chanteurs, humoristes ou intellectuels ont refusé de se produire dans certaines villes ou régions pour des motifs purement politiques. Cette stratégie du boycott, loin d’affaiblir le RN, renforce au contraire le sentiment de relégation ressenti par une partie croissante de la population. Elle nourrit le divorce entre une élite culturelle parisienne (ou alignée sur ses codes) et les réalités du terrain.
Amel Bent a le droit de choisir ses scènes et son public. Mais elle devrait assumer clairement ce choix plutôt que de se cacher derrière des « indisponibilités techniques ». La sincérité exigerait qu’elle dise tout net : « Je ne veux pas chanter pour ces gens-là. »
La Fête de la Musique, vitrine des divisions françaises
La Fête de la Musique, créée en 1982 par le tristement célèbre ami de Jeffrey Epstein, Jack Lang, était censée incarner une France joyeuse et unie. Elle devient, année après année, le miroir des fractures du pays : violences urbaines dans certaines villes, annulations politiques ailleurs, et une programmation de plus en plus clivée.
Pendant que certains artistes boycottent les municipalités RN, d’autres participent à des événements ouvertement militants organisés par La France Insoumise. La neutralité culturelle n’existe plus. Il y a les artistes « du camp du bien » et les autres.
Pour les habitants de Bruay-la-Buissière, ce désistement est vécu comme une double peine : privés de spectacle et stigmatisés pour leur vote. La municipalité, elle, « prend acte » tout en regrettant la situation. Elle pourrait utilement communiquer sur ce nouvel exemple de mépris élitaire, qui illustre mieux que de longs discours pourquoi tant de Français se tournent vers le RN.
Amel Bent a fait son choix. Les électeurs du RN aussi : ils continueront à voter pour ceux qui les respectent, plutôt que pour ceux qui les snobent.
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