À un peu plus d’un an de la fin de son second mandat, Emmanuel Macron multiplie les nominations de proches et de fidèles à des postes stratégiques et souvent inamovibles au sein des grandes institutions françaises.
La dernière en date concerne Emmanuel Moulin, ancien secrétaire général de l’Élysée, proposé pour prendre la tête de la Banque de France. Ce poste sera vacant à partir de juin, après le départ anticipé de François Villeroy de Galhau. Cette annonce a provoqué de vives réactions, notamment de la part de l’opposition.
Des nominations sensibles
Ces dernières mois, plusieurs proches du président ont été placés à des fonctions importantes :
- Amélie de Montchalin, ancienne ministre des Comptes publics et macroniste de la première heure, a été nommée à la tête de la Cour des comptes en février 2026.
- Richard Ferrand, ancien président de l’Assemblée nationale et fidèle d’Emmanuel Macron, a accédé à la présidence du Conseil constitutionnel en 2025.
Ces institutions exercent un rôle clé dans le contrôle des finances publiques, la garantie des libertés fondamentales ou la régulation monétaire. Beaucoup de ces postes sont difficilement révocables, ce qui renforce les critiques.
Des accusations venues des deux bords
Le député Rassemblement National Sébastien Chenu a dénoncé un « verrouillage de l’appareil d’État par les amis d’Emmanuel Macron ». Son collègue Julien Odoul parle d’« accaparement de l’État » et d’une volonté de « bloquer le choix démocratique des Français en 2027 », alors que le RN est donné favori dans les sondages pour la prochaine présidentielle.
À gauche, Éric Coquerel (LFI), président de la Commission des finances, a également évoqué des « risques évidents » en termes de neutralité des institutions.
De son côté, la députée Renaissance Laure Miller défend ces choix en soulignant que le président nomme « des gens qui partagent ses valeurs » tout en possédant les compétences nécessaires.
Un processus légal mais contesté
Ces nominations s’appuient sur l’article 13 de la Constitution, qui donne au chef de l’État le pouvoir de nommer aux emplois civils et militaires supérieurs. Pour certains postes, comme celui de gouverneur de la Banque de France, une validation parlementaire est nécessaire. Emmanuel Moulin doit ainsi être auditionné par la Commission des finances de l’Assemblée nationale le 20 mai.
Ces nominations interviennent alors que le paysage politique français reste très fragmenté et que l’issue de la présidentielle de 2027 demeure incertaine. Elles risquent de compliquer la tâche du prochain locataire de l’Élysée, quel qu’il soit, pour recomposer les directions des grandes institutions de l’État.
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