Après les élections sénatoriales du 27 septembre, qui ont marqué leur progression, le Rassemblement national et ses alliés de l’Union des droites pour la République (UDR) sont entrés mardi 6 octobre au Bureau du Sénat. Fort de 15 sénateurs, ce groupe se voit attribuer une vice-présidence qu’il l’exercera en alternance, pendant les trois années à venir, avec le groupe des Indépendants et celui des écologistes.
Désigné par sa formation, Christopher Szczurek, sénateur RN du Pas-de-Calais, tiendra d’abord deux ans le rôle de secrétaire du Bureau. À compter du 1er octobre 2028, il pourra présider des séances en tant que vice-président. Ces arrangements ont été fixés mardi à la mi-journée, lors d’une réunion des présidents de groupe.
La représentation proportionnelle des groupes au Bureau est inscrite dans le règlement de la Haute Assemblée. Le groupe RN-UDR, à parité d’effectifs avec les Indépendants et les écologistes, partage donc cette fonction. Une vice-présidence revient à chacune des six autres formations. Avec 124 sénateurs, Les Républicains demeurent la première force de l’hémicycle et en détiennent deux, attribuées à Laurence Garnier, sénatrice de Loire-Atlantique, et à Roger Karoutchi, sénateur des Hauts-de-Seine. Gérard Larcher (LR), réélu jeudi, préside le Bureau.
Marie-Arlette Carlotti (socialiste), Antoine Lefèvre (LR) et Olivier Cigolotti (centriste) ont été reconduits dans leurs fonctions de questeurs, qui portent notamment sur la direction administrative et financière de l’institution. Pour la vice-présidence, le groupe écologiste a choisi Bernard Jomier, sénateur de Place publique ayant quitté le groupe socialiste pour siéger avec les écologistes. Place publique a indiqué ne pas avoir validé cette désignation.
Dans un courrier adressé mardi aux autres présidents de groupe, Mélanie Vogel, présidente du groupe écologiste, a plaidé pour l’instauration d’un « cordon sanitaire » vis-à-vis du groupe RN-UDR. Elle les invite à « ne pas collaborer avec ce groupe, ne cosigner aucun texte ni aucun amendement avec ses membres, ne voter aucune de leurs initiatives ». Elle déplore également le « règlement corseté » du Sénat, qui, à ses yeux, rend impossible toute opposition à l’entrée du RN au Bureau. À l’Assemblée nationale, où le RN dispose aujourd’hui de deux vice-présidents, un vote demeure possible faute d’accord entre chefs de groupe.
De son côté, Patrick Kanner, président du groupe socialiste, a exprimé dans un courrier à Gérard Larcher son regret face à l’application « automatique » de ces dispositions. Il appelle à « dresser une séparation étanche » avec le groupe RN-UDR. « Le Sénat ne saurait être le lieu où s’émoussent les convictions ou se fissurent les digues », a-t-il écrit.
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