Marine Le Pen promet 140 milliards d’euros nets d’économies d’ici 2032

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Marine Le Pen a présenté, mardi 6 octobre, lors d’une conférence de presse au siège du Rassemblement national, le plan de redressement des comptes publics qu’elle appliquerait en cas de victoire à l’élection présidentielle de 2027. La candidate était entourée de Jordan Bardella, pressenti pour Matignon.

« Compte tenu de la hausse des taux et du budget indigent proposé par Sébastien Lecornu et Emmanuel Macron, je vous annonce dès maintenant que nous portons l’ajustement nécessaire à 140 milliards d’euros nets d’économies en 2032 par rapport à 2026 », a‑t‑elle déclaré.

Ce montant dépasse de 15 milliards d’euros celui annoncé fin août devant le Medef. Marine Le Pen attribue cette révision à la flambée des taux d’intérêt et au budget de l’exécutif dévoilé la semaine dernière. Elle dit vouloir « envoyer le signal limpide que la dérive des comptes publics est finie ».

La candidate s’engage à ramener les comptes à l’équilibre primaire en dix‑huit mois, le déficit public sous le seuil de 3 % du PIB en 2030, contre 5,4 % attendus en 2026, puis sous 2,5 % en 2032, avec une dette ramenée à 112 % du PIB. L’essentiel de l’effort d’ajustement interviendrait au cours des trois premières années du quinquennat.

Parmi les leviers, la « reprise en main » de l’immigration et l’instauration d’une « priorité nationale » doivent rapporter 15 milliards d’euros la première année, puis 29 milliards en année pleine, soit environ 20 % du plan. La lutte contre la fraude est chiffrée à 32,5 milliards d’euros. Les économies proviendraient aussi de la rationalisation des dépenses de l’État, des collectivités et de la Sécurité sociale.

Le Rassemblement national cible la contribution française au budget européen, qu’il entend ramener à 5 milliards d’euros nets, ainsi que la politique de la ville, les associations, l’aide au développement et le « millefeuille administratif » des collectivités. Jean‑Philippe Tanguy, chargé des questions budgétaires au parti, a précisé qu’au moins 200 000 postes seraient supprimés en cinq ans dans les collectivités, agences et « autres organismes parasites », un volume qui pourrait être « ajusté à la hausse ».

Le plan prévoit 15 à 20 milliards d’euros d’économies sur les retraites, via des « corrections de mesures injustes », pour financer un retour de l’âge légal de départ à 62 ans, voire 60 ans, ainsi que la création d’un pilier de capitalisation.

À l’inverse, Marine Le Pen annonce 30 milliards d’euros nets de baisses d’impôts sur le quinquennat et 15 milliards de « dépenses provisionnées pour des droits nouveaux », ainsi que des moyens supplémentaires pour l’outre‑mer, la recherche et l’éducation. Le programme inclut des baisses de TVA sur l’énergie et les produits de première nécessité, ainsi qu’une exonération d’impôt sur le revenu pour les jeunes actifs.

Selon les prévisions qu’elle présente comme « extrêmement raisonnables », les gains de croissance attendus dépasseraient l’effet récessif de l’ajustement. La trajectoire « sera confortée par l’adoption d’une règle d’or budgétaire constitutionnelle adoptée par référendum », a‑t‑elle précisé ; ce référendum n’aurait toutefois « pas une urgence absolument particulière » et pourrait être convoqué dans la première année du mandat.

Le Rassemblement national a fait valoir que le taux de référence à dix ans de la dette française avait baissé d’un dixième de point pendant la prise de parole de la candidate, sans que le lien de cause à effet ne soit établi.

Jordan Bardella aura la charge de détailler le premier budget dès l’été 2027.

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