À 200 jours du premier tour, fixé au 18 avril 2027, le baromètre Ifop-Fiducial pour Le Figaro, LCI et Sud Radio, publié le 30 septembre, confirme l’avance de Marine Le Pen et un réagencement derrière elle.
L’enquête a été réalisée en ligne du 25 au 29 septembre auprès de 1 393 personnes de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Dix hypothèses de premier tour ont été testées. La marge d’erreur se situe entre 1,1 et 2,5 points.
Le Pen, seule candidate systématiquement qualifiée
Marine Le Pen est créditée de 31 % à 36 % des intentions de vote selon les configurations. Sa variation est quasi nulle par rapport au mois précédent (entre −1 et 0 point dans les trois scénarios comparables). Frédéric Dabi, directeur général Opinion de l’Ifop, la décrit comme « en position de force », portée par « l’espoir d’une alternance » après dix ans de macronisme.
Le terrain n’a exposé qu’environ un tiers des sondés aux révélations de Mediapart sur d’anciens écrits antisémites et complotistes attribués à Jordan Bardella, démentis par l’intéressé. L’institut juge donc trop tôt pour mesurer un éventuel effet sur les nouvelles franges de l’électorat RN. À ce stade, l’avance de la députée du Pas-de-Calais n’est pas entamée.
Philippe passe devant Mélenchon dès qu’il est testé
Édouard Philippe est donné entre 16 % et 21 % dans les mêmes configurations que le mois dernier, et davantage lorsqu’il est seul représentant du bloc central : 21 % face à Raphaël Glucksmann, 23 % face à Olivier Faure, jusqu’à 24 % face à Ségolène Royal selon Sud Radio. Il se qualifie pour le second tour chaque fois qu’il est testé.
Mis en concurrence avec Gabriel Attal, il le double : 16 % contre 8 %. Attal, seul au centre, est à 15 % face à Glucksmann et 17 % face à Faure, soit au mieux à égalité avec Jean-Luc Mélenchon. Frédéric Dabi y voit « un début de décantation dans le bloc central ». Philippe « est en meilleure position qu’il y a quelques semaines », même si Attal « ne décroche pas ».
La gauche recule, Mélenchon hors second tour
Jean-Luc Mélenchon reste en tête à gauche mais glisse à 14-17 %, soit une baisse d’un à deux points à hypothèses égales. Fin août, il était qualifié dans trois configurations sur sept. En septembre, il ne l’est dans aucune des dix testées. Il termine au mieux ex aequo avec Attal à deux reprises.
Raphaël Glucksmann est estimé entre 9 % et 13 %, en léger recul à configurations comparables. L’effet « annonce de candidature » se tasse sans disparaître. Les autres prétendants de la primaire de la gauche modérée restent marginaux : Olivier Faure 3-4 %, Ségolène Royal 3 %, Jérôme Guedj 3 %, Emmanuel Maurel 1 %. François Hollande, testé à la place de Glucksmann, atteint 8 %. Fabien Roussel est à 2-3,5 %, Marine Tondelier à 3-6 %, François Ruffin à 3 % dans un seul scénario.
À droite, Retailleau en léger progrès, Zemmour loin de 2022
Bruno Retailleau (LR) est donné entre 5 % et 11 %. Il gagne un point dans deux des trois hypothèses comparables. Son plancher (5 %) correspond au scénario où David Lisnard (3,5 %) et Dominique de Villepin (2 %) sont aussi présents. Nicolas Dupont-Aignan est à 1-2 %, Éric Zemmour à 3-4,5 % — loin des 12-15 % que lui attribuait le même baromètre il y a cinq ans, presque jour pour jour.
Le scrutin reste ouvert : le casting n’est pas bouclé, et plusieurs chocs (crise parlementaire née de la dissolution, affaire Bardella, primaire à gauche, rivalité Philippe-Attal) peuvent encore déplacer les lignes. Un sondage n’est pas une prévision. Il photographie une opinion à six mois et demi du premier tour.
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