Le Pen invite Mediapart à « enfiler son costard en Kevlar »

Mardi 29 septembre, réuni avec les députés du Rassemblement national, Jordan Bardella a décrit les accusations d’antisémitisme le visant comme les « prémices d’une guerre totale » et comme une « tentative de déstabilisation de la campagne présidentielle ».

À ses côtés, Marine Le Pen a affiché sa « confiance absolue » dans le président du parti, qu’elle pressent pour Matignon en cas de succès aux scrutins des 18 avril et 2 mai. « On ne va pas se laisser faire », a-t-elle lancé, avant d’alerter les élus : « Sachez qu’on va en prendre plein la poire, que le système va tout faire et nos adversaires feront absolument tout, y compris les trucs les plus dégueulasses qui soient, pour pouvoir tenter d’entraver cette dynamique. » Le mouvement, a-t-elle promis, établira « qui est derrière cette manipulation ».

Elle a enchaîné : « Maintenant, c’est à Mediapart, je crois, qu’il va falloir dire d’enfiler son costard en Kevlar parce qu’il y aura évidemment une réponse à la manière dont ils se comportent ».

Lénaïg Bredoux, co-directrice éditoriale de Mediapart, a fustigé une « violence sidérante » et « les propos menaçants d’une grande gravité ». Dans un texte, elle relève qu’« Évoquer les "prémices d’une guerre totale" comme l’a fait mardi 29 septembre matin Jordan Bardella » et parler « de "costard en kevlar" comme l’a fait dans la foulée Marine Le Pen illustre la violence sidérante de cette extrême droite qui se prétend propre sur elle ». Le journal a aussi rappelé qu’« attaquer » la presse, « c’est s’en prendre à une liberté fondamentale et à un pilier de la démocratie ».

Sur X, la députée écologiste Léa Balage El Mariky a annoncé saisir le procureur, jugeant que de tels propos « ressemblent à des menaces de mort ».

Lundi, Mediapart a mis en ligne une enquête fondée sur des échanges privés que le site dit avoir authentifiés. Ces messages, datés de l’été 2013, sont attribués à un Jordan Bardella alors âgé de 17 ou 18 ans et déjà engagé au Front national. On y trouve notamment : « Les banques sont toutes détenues par des Juifs » et « Le juif doit dominé (sic) les autres peuples, les écraser et les voler ». Le président du RN nie en être l’auteur et a annoncé une plainte pour diffamation.

Marine Tondelier, à la tête des Écologistes, a réclamé que Jordan Bardella quitte « de toutes ses fonctions ». Candidat à la primaire sociale-démocrate, Raphaël Glucksmann a pour sa part déclaré : « L’extrême droite restera toujours l’extrême droite. Aucune agence de communication, aucun ravalement de façade n’y changera rien. » Jean-Luc Mélenchon a condamné « formellement » des déclarations qui « relèvent du complotisme et de l’antisémitisme le plus absurde si c’est bien » lui qui les a prononcées.

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