Jeudi 17 septembre, le rapporteur public s’est prononcé en faveur de l’annulation du scrutin municipal de Montargis, dans le Loiret. En mars, la victoire était revenue à Côme Dunis, candidat du Rassemblement national. Dans les jours qui viennent, le tribunal administratif d’Orléans doit rendre sa décision. L’avis des rapporteurs publics est, le plus souvent, suivi par les juridictions administratives.
Au second tour, le candidat RN avait recueilli 34,64 % des voix. L’écart n’était que de 59 suffrages avec Bruno Nottin, communiste (33,10 %), Benoît Digeon, maire sortant divers droite, qui obtenait pour sa part 32,26 %. Dans cette commune de 15 000 habitants, près de 47 % des électeurs s’étaient abstenus.
Issus de la liste d’union de la gauche, Bruno Nottin (PCF) et Dalip Vehapi (PS) avaient formé un recours. Ils mettaient notamment en avant des « vidéos diffamatoires » et une communication poursuivie après la clôture de la campagne officielle.
Ses conclusions retiennent une « vidéo à laquelle Bruno Nottin n’a pas pu répondre » ainsi qu’« une mise en cause personnelle qui n’a rien à voir avec la campagne électorale ». Le rapporteur public a jugé : « Eu égard au faible écart de voix, il n’est pas exclu que la diffusion de telles informations ait pu détourner de leur vote un nombre suffisant d’électeurs ».
Greffier au tribunal de Montargis, Bruno Nottin a dénoncé : « On m’a accusé de faire des faux en écriture publique ». Il a ajouté : « On sait qu’ils ont triché et diffamé avec une vidéo absolument scandaleuse et consultée 24 000 fois ».
Me Thomas Laval, conseil du Rassemblement national, a jugé qu’il n’était « pas possible de mesurer avec précision l’influence réelle » de ces éléments sur le corps électoral ; une annulation, selon lui, « créerait un dangereux précédent ».
Côme Dunis était absent de l’audience. Au début du mois d’août, invoquant des motifs de santé, il a quitté le fauteuil de maire ; Dominique Coquelle, jusqu’alors adjoint à la sécurité, lui a succédé.
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