À peine quatre mois après son élection à la tête de la mairie de Saint-Denis, le maire La France Insoumise Bally Bagayoko essuie un sérieux revers judiciaire. Le tribunal administratif de Montreuil a annulé l’élection de ses 21 adjoints, suite à un déféré de la préfecture de Seine-Saint-Denis. Un épisode qui révèle une fois de plus l’impréparation et l’amateurisme criant de l’extrême gauche aux manettes d’une ville déjà en grande difficulté.
Les faits remontent au 4 avril dernier. La nouvelle équipe municipale avait procédé à l’élection de vingt-et-un adjoints supplémentaires. Parmi eux figurait Farid Aïd, maire délégué de Pierrefitte-sur-Seine. Problème majeur : selon le Code général des collectivités territoriales, un maire délégué est adjoint de droit et ne doit pas entrer dans le quota des adjoints élus. La municipalité l’avait pourtant présenté « en surnuméraire » sur la liste soumise au vote. Une erreur grossière que la préfecture n’a pas laissé passer.
Le tribunal a suivi le déféré préfectoral et annulé purement et simplement l’ensemble de l’élection des adjoints. Mathieu Hanotin, l’ancien maire socialiste, n’a pas manqué de dénoncer cet « amateurisme » de la nouvelle municipalité LFI.
Bagayoko annonce un pourvoi en cassation
Plutôt que de reconnaître l’erreur et de procéder dans les règles, Bally Bagayoko a immédiatement annoncé un pourvoi en cassation. Une stratégie dilatoire classique à gauche quand les institutions osent rappeler le droit. Si la décision est confirmée en cassation, le conseil municipal devra organiser une nouvelle élection des adjoints, avec le risque de nouvelles tensions et d’instabilité politique dans une ville déjà fragilisée.
Un maire entouré de polémiques
Ce revers judiciaire intervient dans un contexte déjà très lourd pour l’édile insoumis. On se souvient de ses déclarations pour le moins surprenantes : Bagayoko a affirmé sur LCI avoir voté pour François Mitterrand… alors qu’il n’était âgé que de 7 ans en 1981 et 14 ans en 1988. Il défend ouvertement la « régularisation de tous les sans-papiers » et voit l’immigration comme une solution au recul de la natalité française.
D’autres affaires embarrassantes l’entourent : une intervention présumée en faveur de deux frères narcotrafiquants selon une enquête de Radio France, une remarque sexiste (« Vous avez un joli sourire ») adressée à une élue d’opposition, ou encore sa défense virulente du jeune Hamza « La Douane ».
Saint-Denis, ville emblématique de la Seine-Saint-Denis, cumule les records : insécurité, immigration massive, échec scolaire, services publics défaillants. L’arrivée de LFI au pouvoir, loin de résoudre ces problèmes structurels, semble ajouter une couche d’incompétence administrative et d’idéologie radicale.
Le laboratoire LFI tourne au vinaigre
Ce nouvel épisode confirme ce que beaucoup observent depuis longtemps : l’extrême gauche, une fois aux responsabilités locales, révèle très vite ses limites cognitives. Entre clientélisme, méconnaissance des règles les plus élémentaires et refus de la réalité, le modèle Bagayoko à Saint-Denis ressemble davantage à une expérimentation idéologique qu’à une gestion sérieuse d’une grande commune.
Les habitants de Saint-Denis, confrontés quotidiennement à la dégradation de leur cadre de vie, méritent mieux que ces querelles procédurières et ces postures militantes. La justice a rappelé le droit. Reste à savoir si Bally Bagayoko saura, cette fois, s’y plier.
À suivre : les prochains chapitres du feuilleton LFI à Saint-Denis s’annoncent riches en rebondissements.
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