Alors que le déficit de la Sécurité sociale explose à 23,4 milliards d’euros en 2026, Emmanuel Macron sort soudainement de son sommeil réformateur. Dans une lettre de mission datée du 30 juin, le président de la République confie à quatre experts le soin de « refonder » le financement de notre protection sociale. Un rapport est attendu fin 2026, soit quelques mois seulement avant la fin de son mandat et le premier tour de la présidentielle d’avril 2027. Le timing est parfait… pour ne rien faire.
Le système de protection sociale, ce « pilier de notre pacte républicain » selon les termes mêmes de la lettre élyséenne, serait « soumis à des défis majeurs » : vieillissement de la population, dépendance, monoparentalité, transition numérique et intelligence artificielle. Des problèmes que tout le monde connaît depuis des lustres. Mais que Macron a soigneusement ignorés pendant dix ans.
Dix ans de procrastination et de déni
Dès 2017, Emmanuel Macron arrivait au pouvoir avec l’image du « président réformateur ». Dix ans plus tard, la facture est salée : un facteur travail qui reste le premier contributeur au financement de la Sécu, asphyxiant la compétitivité des entreprises et le pouvoir d’achat des actifs. Le président lui-même reconnaît aujourd’hui la « tension » entre le besoin de financement et son « poids mécanique sur le tissu économique ». Une tension qu’il a largement contribué à aggraver par sa politique d’immigration massive, de dépenses publiques incontrôlées et de refus de toute réforme structurelle courageuse.
Où étaient ces experts en 2017, en 2022, ou même en 2024 quand les alertes se multipliaient ? Pourquoi avoir attendu la dernière ligne droite de son quinquennat pour commander un énième rapport consultatif ? La réponse est cruelle de simplicité : parce que Macron n’a jamais eu le courage politique d’affronter les lobbies, les syndicats et sa propre majorité sur le sujet.
Un rapport pour enfumer l’opinion publique
La mission confiée à Marianne Kermoal-Berthomé, Pierre Ricordeau, Alexandra Roulet et Hippolyte d’Albis doit « éclairer le débat public ». Traduction : occuper le terrain médiatique pendant la campagne présidentielle tout en reportant les vraies décisions à son successeur. Les experts devront bien sûr « associer les partenaires sociaux » — cette fameuse « concertation » qui a déjà bloqué toutes les réformes sérieuses depuis des décennies.
Or, la commission des comptes de la Sécu prévoit un déficit bien plus lourd que prévu. Et pourtant, au lieu d’agir immédiatement sur les fraudes, les arrêts maladie abusifs, la surconsommation médicale ou l’immigration qui pèse sur les dépenses, on préfère créer une nouvelle commission. Encore une.
Ce qui manque, c’est le courage politique plutôt qu’une étude supplémentaire !
Le modèle français au bord de la rupture
Derrière les euphémismes présidentiels se cache une réalité brutale : la France dépense sans compter pour une protection sociale qui protège de moins en moins efficacement ceux qui en ont vraiment besoin, tout en décourageant le travail et l’effort. Les charges pèsent sur les entreprises, les jeunes actifs financent les retraites et la santé des « boomers », et les générations futures héritent d’une dette écrasante.
Des voix plus courageuses, à droite comme chez Éric Zemmour ou dans les rangs du Rassemblement National, proposent depuis longtemps des pistes concrètes : TVA sociale ciblée, baisse massive des charges sur le travail, lutte réelle contre la fraude, maîtrise de l’immigration, et incitations fortes à l’emploi plutôt qu’à l’assistanat.
Macron, lui, préfère la méthode habituelle : missionner, consulter, reporter. Et laisser la patate chaude au prochain.
L’heure des choix approche
À six mois de la fin de son règne, le président « réveille » soudainement le dossier de la Sécu. Trop peu, trop tard. Les Français, qui subissent quotidiennement la dégradation de leur système de santé, les délais interminables chez les médecins, la fermeture des lits et la pression fiscale, ne seront pas dupes.
La vraie refonte de la protection sociale ne viendra pas d’un rapport technocratique pondu à la veille d’une élection. Elle exigera du courage politique, de la lucidité démographique et une rupture claire avec les dogmes du passé. Des qualités dont Emmanuel Macron a démontré, pendant dix ans, qu’il était cruellement dépourvu.
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