2027 : Ségolène Royal se lance à nouveau, parce que cinq échecs, ce n’est visiblement pas assez

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Décidément, certaines carrières politiques ressemblent à ces vieux chewing-gums collés sous une table de café : on a beau essayer de s’en débarrasser, elles reviennent toujours au même endroit, avec ce même aspect un peu écœurant.

Ce vendredi, Ségolène Royal a donc fait ce qu’elle sait faire de mieux depuis près de vingt ans : annoncer sa candidature. À la primaire socialiste, cette fois. Parce qu’après l’Élysée en 2007, les multiples retours, les passages ministériels, les livres, les plateaux télé, les îles lointaines et les tempêtes sous un crâne, il fallait bien qu’elle revienne sauver le pays. Encore.

« Notre pays secoué par de multiples crises exprime le besoin d’un avenir rassurant », écrit-elle sur X. Traduction : la France a visiblement besoin d’une bonne dose de discours en rose bonbon, de sourires figés et de promesses déjà entendues sous Mitterrand. On est rassurés.

L’ancienne candidate de 2007 (vous savez, celle qui avait promis la « France présidente » avant de se faire battre par Nicolas Sarkozy) explique vouloir « servir », être « à l’écoute », « expérimentée » et « respectueuse des différences de points de vue ». Expérimentée, certes. On ne compte plus ses expériences : ministre de l’Environnement, de l’Éducation, présidente de région, candidate malheureuse, conseillère autoproclamée… Un CV long comme le bras, mais curieusement vide de résultats concrets durables.

Priorités ? Un « ordre juste » dans tous les domaines. On connaît la chanson : plus de pouvoir d’achat, moins de vie chère, plus de protections sociales, de l’éducation, de la santé, de la sécurité… et bien sûr, appliquer les décisions de la COP21 comme si le vent et le soleil allaient soudainement remplacer le nucléaire français. Classique.

Elle en profite pour glisser une petite pique au Rassemblement national : « Comment pourrais-je ne rien faire, face à l’hypothèse selon laquelle la première femme présidente de l’histoire de France serait issue de l’extrême droite ? » On admire la grandeur d’âme. Ségolène ne se bat pas pour elle-même, non. Elle se bat pour empêcher Marine Le Pen de réussir là où elle a échoué. C’est presque touchant.

Dans la foulée, elle nous ressort le grand classique gaullo-mitterrandien : « œuvrer partout à la PAIX juste et durable ». On imagine déjà les sommets internationaux où elle expliquera à Poutine, à Xi Jinping et aux mollahs iraniens que la France, avec son « ordre juste » et ses taxes baissées sur l’énergie, va tout arranger. On a hâte.

Ségolène Royal n’abandonne jamais. C’est sa grande qualité, ou sa malédiction. Peu importe les sondages, les rires dans les dîners parisiens, les moqueries sur les plateaux, les échecs répétés, les alliances impossibles et le PS réduit à l’état de secte nostalgique. Elle continue. Comme ces boxeurs sonnés qui se relèvent pour un dernier round que tout le monde sait perdu d’avance.

Pendant ce temps, la France affronte des crises réelles : immigration incontrôlée, insécurité quotidienne, dette galopante, désindustrialisation, fracture territoriale. Mais rassurez-vous : Ségolène est là. Avec son « ordre juste », sa lutte contre le racisme, le sexisme, l’homophobie et surtout… contre l’extrême droite qui, selon elle, est toujours « aux portes du pouvoir » depuis 2017.

On espère juste, pour elle, que cette fois la porte ne lui claquera pas trop violemment au nez. Ou alors si. Histoire de varier un peu les plaisirs.

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