Un an et demi après l’assassinat barbare de Philippine Le Noir de Carlan, 19 ans, dans le bois de Boulogne, la colère de ses parents reste intacte. Et pour cause : le meurtrier présumé, Taha Oualidat, un Marocain de 22 ans en situation irrégulière sous OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français), n’aurait jamais dû se trouver en liberté ce 20 septembre 2024.
Sur le plateau de Points de Vue sur Le Figaro TV, Me Virginie Le Roy, avocate de la famille, n’a pas mâché ses mots. « Quand on relâche dans la nature un individu condamné et dangereux, on est complètement irresponsable. » Une phrase qui résume à elle seule le laxisme mortifère qui gangrène la justice et l’administration françaises depuis des années.
Un violeur multirécidiviste remis en liberté comme si de rien n’était
Rappel des faits : Taha Oualidat avait déjà été condamné à sept ans de prison pour le viol d’une étudiante dans une forêt du Val-d’Oise en 2019. Peine maximale pour un mineur à l’époque, signe que la cour d’assises avait parfaitement identifié sa dangerosité. Après cinq ans de détention, il est placé en centre de rétention, puis assigné à résidence dans un hôtel près d’Auxerre.
Et là, le scandale : on le libère purement et simplement parce qu’il s’est « bien comporté » pendant les 15 derniers jours de rétention administrative. Quinze jours de « bonne conduite » qui effacent un passé de violeur ? Quinze jours qui valent plus que la vie d’une jeune Française ?
« On savait que c’était un individu dangereux qui constituait une menace », martèle Me Le Roy. « Et pourtant, on décide de le relâcher […] faisant fi de tout son passé criminel. C’est une aberration. D’autant plus qu’on aurait pu le retenir encore 15 jours supplémentaires. »
Aberration n’est pas un mot assez fort. C’est de la négligence criminelle.
Pas de rapport, pas de sanctions, pas de responsabilité
Au lendemain du meurtre, les plateaux télé se sont remplis de politiques venus « se répandre » sur les « loupés ». Le ministre de l’Intérieur de l’époque avait promis une inspection de l’Inspection générale de l’administration. Un an et demi plus tard ? Rien. Aucun rapport public. Aucune tête qui tombe.
Classique.
Les parents de Philippine envisagent aujourd’hui de porter plainte contre l’État. Ils ont parfaitement raison. Responsabilité judiciaire, responsabilité administrative : l’État a failli à sa mission première, protéger ses citoyens. Protéger les femmes françaises des prédateurs étrangers qu’il laisse entrer et circuler en toute impunité.
Un énième symptôme d’un système en déliquescence
Cette affaire n’est pas isolée. Elle s’inscrit dans une longue série de drames où des individus sous OQTF, déjà condamnés pour des violences sexuelles ou d’autres crimes, sont relâchés dans la nature faute de volonté politique réelle de les reconduire. Combien de Philippine faudra-t-il encore ? Combien de jeunes femmes devront payer de leur vie le dogme migratoire et le laxisme judiciaire ?
La loi « Philippine », qui allonge la durée de rétention des irréguliers dangereux, a été adoptée. C’est bien. Mais à quoi sert-elle si, dans les faits, on continue à libérer les plus dangereux sur des critères aussi absurdes que « 15 jours de bonne conduite » ?
Il est temps de poser les vraies questions :
- Pourquoi l’expulsion des délinquants étrangers est-elle devenue mission impossible en France ?
- Combien de OQTF non exécutées accumulons-nous chaque année ?
- Quand les responsables politiques et judiciaires seront-ils enfin tenus personnellement comptables de ces drames ?
Philippine n’était pas un « fait divers ». Elle est le visage tragique d’une France qui ne se protège plus. Ses parents, soutenus par leur avocate, exigent justice et vérité. Toute la France qui refuse le suicide doit les soutenir.
Que l’État assume enfin ses fautes. Car pendant ce temps là, ce sont les Français qui comptent leurs filles mortes.
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