Les sénateurs ont une nouvelle fois exprimé leur opposition à la proposition de loi sur la fin de vie en adoptant, mardi après-midi, une question préalable qui permet de rejeter le texte avant même d’entamer les débats. Par 169 voix pour et 164 contre, la majorité de droite et du centre au Palais du Luxembourg a choisi de ne pas prolonger les discussions sur un texte qui légaliserait l’euthanasie et le suicide assisté.
Ce rejet sans débat intervient après deux rejets précédents du même texte par le Sénat. La rapporteure LR Christine Bonfanti-Dossat a dénoncé un « calendrier précipité, brusqué » qui ne correspond pas au « temps long » initialement promis par le gouvernement. Son collègue Khalifé Khalifé a quant à lui alerté sur la rupture profonde que ce texte introduirait dans « notre contrat social, juridique et médical ».
Malgré cette nouvelle opposition sénatoriale, le sort de la loi semble scellé. Le gouvernement ayant décidé de donner le dernier mot à l’Assemblée nationale, les députés se prononceront en lecture définitive le 15 juillet. Lors des précédents votes à l’Assemblée, le texte est passé avec des majorités qui se réduisent progressivement : 305 voix pour contre 199 en mai 2025, puis 299 contre 226 en mars 2026, et enfin 295 contre 232 la semaine dernière (63 voix d’écart seulement).
Pour les opposants à la loi, cette évolution est préoccupante. Un cadre de la droite à l’Assemblée confie : « Un écart de 63 voix, c’est quasiment impossible à combler, surtout pour un vote définitif avec un texte qui n’aura pas changé d’une virgule. » Certains élus du bloc central, jusqu’ici abstentionnistes, envisagent désormais de voter contre, invoquant de « trop nombreux doutes » sur un texte qui « va beaucoup trop loin ».
Des critiques sur la stratégie sénatoriale
La décision des sénateurs de recourir à la question préalable divise même à droite. Certains y voient une manière pragmatique d’éviter une inutile perte de temps, d’autres un abandon prématuré du combat. Un député LR regrettait récemment dans Le Figaro : « Les sénateurs jouent contre leur camp. Ils auraient pu gagner du temps en défendant leurs amendements, réécrire le texte… Ils offrent sur un plateau la victoire aux partisans de l’euthanasie. »
Enjeux sociétaux majeurs
Au-delà des manœuvres parlementaires, ce texte soulève des questions fondamentales sur la conception de la société française : protection de la vie vulnérable, développement réel des soins palliatifs, risque de dérive vers une mort médicalisée banalisée, et pression potentielle sur les personnes âgées ou malades. Les opposants rappellent que l’interdit de tuer protège non seulement les patients, mais aussi l’ensemble du corps médical et social contre la tentation de l’abandon.
Si le texte est adopté définitivement le 15 juillet, il pourrait entrer en vigueur d’ici la fin de l’année 2026. Un calendrier particulièrement rapide, qui intervient quelques semaines seulement avant la visite annoncée du pape Léon XIV à Paris fin septembre.
Votre site continue de suivre avec vigilance ce dossier civilisationnel majeur. Les Français attachés à la dignité de la vie jusqu’à son terme naturel seront particulièrement attentifs au vote définitif des députés le 15 juillet.
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