L’homme aux envolées lyriques, au verbe hugolien, au manteau qui flotte dans le vent de l’Histoire. Celui qui nous avait promis, un jour de 2005, une dissolution brillante, une France redressée, un destin retrouvé. Résultat : un échec cuisant, des manifestations monstres et une popularité en berne. On se disait que c’était un accident de parcours. On avait tort. C’était juste le début du style Villepin.
Vingt ans plus tard, le revoilà. Candidat putatif à la présidentielle 2027, toujours aussi grand, toujours aussi beau, toujours aussi convaincu d’être l’héritier naturel du Général. Sauf que cette fois, c’est le Parquet national financier qui s’intéresse à lui. Soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d’intérêt et concussion. Le tout autour de charmantes petites statuettes de Napoléon qu’il avait reçues lorsqu’il était ministre des Affaires étrangères et qu’il avait… oubliées chez lui. C’est beau comme du Chateaubriand : même ses cadeaux lui jouent des tours.
Le PNF a ouvert une enquête, perquisitionné, et vient de saisir un juge d’instruction. Villepin, grand seigneur, reconnaît « une erreur » : « Je n’aurais pas dû les accepter. » On imagine le poète, dans son bureau lambrissé, contemplant les bronzes napoléoniens en se disant que c’était juste un petit souvenir entre amis. Blaise Compaoré et un lobbyiste italien, rien de plus. De la diplomatie à l’ancienne, quoi.
Sauf que quand on est un ancien Premier ministre qui veut encore incarner la grandeur de la France, garder des cadeaux de chefs d’État africains, ça passe un peu moins bien. Surtout quand on se présente comme l’homme au-dessus des contingences matérielles, le chantre de l’État régalien, le gardien des valeurs gaulliennes.
Et le timing… magnifique. À quelques mois d’une possible candidature, alors qu’il peaufine son image de sage revenu pour sauver la fausse droite, voilà que la justice vient lui rappeler que même les grands hommes ont parfois du mal avec les petites statuettes. On en pleurerait… de rire.
Villepin avait raté sa dissolution en 2005. Il rate aujourd’hui son come-back avec la même élégance nonchalante. Toujours aussi hautain, toujours aussi sûr de lui, toujours aussi incapable de voir que le peuple, ce peuple qu’il prétend aimer, n’a plus vraiment envie d’un poète en costume trois pièces qui collectionne les échecs avec panache.
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