Le Domaine national de Chambord doit faire face à des travaux urgents estimés à environ 27 millions d’euros pour sauver son aile Renaissance (dite aile François-Ier), gravement endommagée. À cela s’ajoutent 10 millions d’euros pour un projet de centre intellectuel dédié à la Renaissance voulu par Pierre Dubreuil, directeur du domaine depuis 2023. À ce jour, seuls 12 millions d’euros ont été réunis, dont 6 millions provenant de l’État.
Une proposition ambitieuse du Puy du Fou
Nicolas de Villiers, président du Puy du Fou, a proposé d’intervenir via une délégation de service public. Fort du succès de son parc (3 millions de visiteurs par an, 300 millions d’euros de chiffre d’affaires, sans aucune subvention publique), il offrait son savoir-faire en matière de mises en scène historiques ambitieuses et s’engageait à mobiliser jusqu’à une centaine de millions d’euros autour d’un projet mobilisateur.
« Nous avons démontré notre capacité à concevoir et à développer, sans la moindre subvention publique et en partant de rien, un modèle qui mérite d’être regardé », a expliqué Nicolas de Villiers. Il insiste : « Ma seule motivation est de sauver un élément majeur du patrimoine français. Nous n’avons absolument pas besoin de Chambord pour gagner de l’argent ! »
Selon lui, l’idée avait d’abord été bien accueillie. Pierre Dubreuil aurait reconnu que le projet pouvait avoir du sens, et des discussions avaient été engagées avec le cabinet de Catherine Pégard. Mais dix jours plus tard, le ministère aurait fait machine arrière, invoquant le manque de temps avant la présidentielle de 2027 et affirmant que les crédits nécessaires seraient libérés par l’État.
Un refus qui interroge
Contacté par Le Figaro Magazine, Pierre Dubreuil confirme que seulement 12 millions d’euros ont été réunis à ce jour. Le directeur du domaine met en avant la nécessité de préserver la « neutralité » du service public et de ne pas transformer Chambord en « otage d’un discours militant ». Il a notamment déprogrammé un projet de spectacle pour 2027 porté par Mohamed El Khatib et Patrick Boucheron, jugé trop orienté.
Nicolas de Villiers exprime son incompréhension face à ce revirement : « En douze mois, nous savons parfaitement monter un projet cohérent. »
Un symbole du patrimoine français en danger
Le château de Chambord, joyau de la Renaissance et classé au patrimoine mondial de l’Unesco, attire chaque année des centaines de milliers de visiteurs. Sa sauvegarde est un enjeu national majeur. L’aile François-Ier, fermée au public, nécessite des travaux d’urgence pour éviter un risque d’effondrement partiel.
Le refus de l’offre du Puy du Fou soulève des questions sur la capacité de l’État à mobiliser des fonds privés pour le patrimoine quand ceux-ci proviennent d’un acteur culturel associé à la droite. Le Puy du Fou, modèle de réussite culturelle sans subventions, aurait pu apporter à la fois des compétences uniques en narration historique et des financements conséquents.
Chambord doit donc trouver d’autres solutions pour financer ses travaux d’urgence avant que la situation ne s’aggrave. Ce n’est pas très malin…


