Renaissance, Horizons, MoDem : la grande famille du “ni-ni” permanent

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Le décor est posé : autour d’un déjeuner, de tristes figures bien connues — Gabriel Attal, Édouard Philippe et François Bayrou — envoient leurs lieutenants discuter d’un avenir commun. Horizons, Renaissance, MoDem, UDI… tout ce petit monde s’organise, s’additionne, se coordonne. Et prétend, dans le même mouvement, incarner une alternative.

Alternative à quoi, exactement ?

Car derrière les mots – « rassemblement », « valeurs », « comité de liaison » – c’est toujours la même matrice qui affleure. Les mêmes réflexes, les mêmes compromis, la même prudence molle qui évite soigneusement toute rupture. On se parle, on se coordonne, on « n’insulte pas l’avenir » : formule élégante pour dire qu’on ne tranche rien, surtout.

Le fantasme du candidat unique… sans ligne politique

L’idée d’un candidat unique de la fausse droite et du centre revient comme un refrain. Une candidature commune, donc. Mais commune sur quoi ?

Sur l’Europe, l’État de droit, l’environnement — le triptyque devenu mantra — mais rien ou presque sur ce qui fracture réellement le pays : sécurité, immigration, identité, souveraineté. Là, silence radio. Ou plutôt, consensus discret pour ne pas déranger.

Le plus révélateur tient dans cette obsession affichée : éviter un second tour entre le RN et LFI. Autrement dit, l’objectif n’est plus de défendre une vision, mais d’empêcher certains électeurs de choisir autre chose. On ne propose plus, on filtre.

Une alternance… sans alternance

Le plus ironique reste sans doute la mise en scène de la rivalité. D’un côté, Édouard Philippe, de l’autre Gabriel Attal. Deux hommes présentés comme concurrents, incarnant chacun une sensibilité.

Mais une fois les micros coupés, les équipes se retrouvent autour de la même table. Les stratégies s’alignent. Les calendriers se coordonnent. Et l’on prépare, en coulisses, une synthèse qui dira tout et son contraire.

Une compétition organisée entre gens d’accord, en somme.

Le centre qui s’habille en droite

Ce qui frappe, c’est ce glissement permanent : un bloc central qui revendique désormais l’étiquette « droite et centre ». Comme si l’appellation suffisait à produire la réalité.

Or, dans les faits, il s’agit d’un espace politique façonné depuis dix ans autour du dépassement des clivages… et qui, aujourd’hui, tente de réintroduire artificiellement une frontière qu’il a lui-même effacée.

Résultat : une droite qui ne s’assume pas, un centre qui se déguise, et un électorat sommé de croire à une alternance qui ressemble furieusement à une reconduction.

Une mécanique bien rodée

Le scénario est connu : réunions, comités, « travaux préparatoires », puis désignation tardive d’un candidat présenté comme évident. Tout est calibré pour donner l’impression d’un choix, alors que la trajectoire est déjà tracée.

Et pendant ce temps, les sujets qui fâchent restent hors champ. On préfère l’ingénierie politique à la confrontation des idées.

La fausse droite se met en ordre de bataille, mais c’est une armée qui avance sans boussole.

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