Salah A., médecin à Sarcelles, accusé de viol par des patientes

Photo : Online Marketing / Unsplash

Un médecin généraliste ayant exercé à Sarcelles, dans le Val-d’Oise, comparaît devant la cour criminelle pour des faits particulièrement graves. Salah A., praticien installé entre 1994 et 2017, est poursuivi pour plusieurs viols et agressions sexuelles commis sur ses patientes, dans un contexte d’abus d’autorité lié à sa profession.

Une affaire déclenchée par une vidéo

Les faits remontent notamment au 31 octobre 2017. Ce soir-là, une patiente, venue consulter pour la première fois, alerte la police après avoir été agressée dans le cabinet médical. Elle avait eu le réflexe d’enregistrer une partie de la consultation avec son téléphone.

La vidéo constitue un élément central du dossier. On y verrait le médecin adopter des gestes à connotation sexuelle, sans rapport avec l’examen médical, tout en tenant des propos explicites. Placé en garde à vue, le praticien conteste alors les faits.

Une enquête qui révèle de nombreuses victimes

Ce signalement ne restera pas isolé. En recoupant plusieurs éléments, les enquêteurs découvrent une ancienne plainte pour des faits similaires, classée sans suite plusieurs années auparavant.

L’instruction permet ensuite d’identifier au moins 23 femmes affirmant avoir subi des gestes ou actes sexuels de la part du médecin. Certaines évoquent des attouchements, d’autres des actes de pénétration. Les faits reprochés couvrent plusieurs années d’exercice.

Un mode opératoire décrit par les enquêteurs

Au fil des auditions, un schéma récurrent se dessine. Selon les éléments présentés à l’audience, le praticien recevait certaines patientes à des horaires tardifs, parfois seul dans son cabinet, après le départ du personnel.

Les enquêteurs décrivent une progression dans les gestes : d’abord anodins en apparence, puis de plus en plus intrusifs. L’isolement, la fermeture à clé du cabinet et l’absence de témoins auraient contribué à instaurer une situation d’emprise.

Les victimes présumées présentent des profils souvent fragiles : précarité sociale, isolement, difficultés administratives ou linguistiques. Des éléments qui, selon l’enquête, auraient favorisé le silence et retardé les dénonciations.

Les charges retenues devant la cour

Au total, Salah A. est jugé pour quatre faits de viol et quatorze faits d’agressions sexuelles, dont un concernant un mineur de 15 ans. Les poursuites incluent la circonstance aggravante d’abus d’autorité liée à sa fonction de médecin.

Lors de l’enquête, l’accusé avait reconnu des relations sexuelles avec une patiente, qu’il qualifiait de consenties. Devant la cour, il conteste l’ensemble des autres accusations.

Une défense basée sur le déni

À l’audience, le médecin affirme avoir exercé correctement sa profession et évoque des « interprétations » erronées de ses gestes. Il décrit une situation personnelle dégradée depuis le début de l’affaire.

Face à lui, plusieurs plaignantes assistent aux débats, certaines ayant témoigné durant l’instruction. Leurs récits, recueillis sur plusieurs années, constituent une part essentielle du dossier examiné par la cour.

Une décision attendue

Le verdict est attendu à l’issue de la semaine d’audience. En cas de condamnation, Salah A. encourt une peine pouvant aller de sept à vingt ans de réclusion criminelle, en fonction de la qualification retenue et de la gravité des faits.

Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de mise en lumière des violences sexuelles dans le cadre médical, où la relation de confiance entre patient et praticien peut être détournée à des fins criminelles.

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