À Paris, la stratégie Knafo met la droite face à ses responsabilités

Capture BFMTV

À Paris, la campagne municipale prend un tournant plus net. La candidature de Sarah Knafo, portée par Reconquête, s’installe désormais comme l’un des éléments structurants de la bataille à droite. L’eurodéputée assume une ligne simple : incarner ce qu’elle décrit comme le « vote utile » pour rassembler un camp fragmenté et tenter de reprendre l’Hôtel de Ville.

Depuis le début de sa campagne, Sarah Knafo martèle un diagnostic : la droite ne perdrait pas à Paris faute d’électeurs, mais faute d’unité. Son discours consiste donc à déplacer le centre de gravité du débat. Plutôt que la concurrence entre candidats, elle insiste sur la nécessité d’une convergence au second tour, convaincue que seule une coalition large peut créer une dynamique capable de battre la gauche.

Cette stratégie n’est pas seulement rhétorique. La candidate revendique déjà plusieurs soutiens venus de la droite classique et multiplie les appels publics à la coopération. Elle affirme vouloir tendre la main à toutes les sensibilités, tout en prévenant que ceux qui refuseraient cette logique porteraient, selon elle, la responsabilité d’un maintien du statu quo parisien.

Une campagne fondée sur la rupture

Le positionnement de Sarah Knafo repose sur une rupture narrative forte : contester l’idée selon laquelle Paris serait définitivement une ville acquise à la gauche. Cette ligne vise à remobiliser un électorat de droite parfois résigné et à réintroduire l’idée d’alternance comme horizon crédible.

Dans cette perspective, la candidate insiste sur un changement du mode de scrutin municipal qui rend, selon elle, la victoire plus accessible qu’auparavant. Le message est clair : la barre électorale ne serait plus hors d’atteinte, à condition que les candidatures cessent de se neutraliser.

Ce discours tranche avec celui d’autres figures de la droite parisienne, davantage centrées sur leur propre dynamique. Knafo tente ainsi de se placer au-dessus de la compétition interne, en se présentant comme le point de convergence possible.

Face à Dati, la question décisive

Le rapport de force avec Rachida Dati constitue l’un des axes majeurs de la campagne. Les sondages placent la candidate LR nettement en tête, mais la progression de Sarah Knafo lui permet d’envisager une qualification au second tour et donc un rôle déterminant dans l’équilibre final.

La logique défendue par Knafo est limpide : si la volonté de victoire est partagée, une alliance devient inévitable. En filigrane, la candidate cherche à inverser la pression politique : ce ne serait plus à elle de prouver sa légitimité, mais aux autres candidats de justifier un refus d’union.

Cette posture lui permet de transformer une position minoritaire en levier stratégique. Dans une élection municipale fragmentée, la capacité à peser dans les négociations peut compter autant que le score du premier tour.

Une candidature qui oblige la droite à se définir

Au-delà des chiffres, la candidature de Sarah Knafo agit comme un révélateur. Elle force la droite parisienne à clarifier ses lignes : stratégie d’union large, logique d’appareil, ou maintien de candidatures concurrentes.

Pour ses soutiens, cette pression constitue précisément son intérêt politique. En mettant l’union au centre du débat, Knafo impose un cadre où refuser la coopération devient un choix explicite, politiquement lisible par les électeurs.

Dans une campagne municipale souvent dominée par les enjeux locaux, cette dimension stratégique redonne une lecture nationale : celle d’une recomposition possible des droites, dont Paris pourrait devenir un laboratoire.

La bataille parisienne ne se joue peut-être pas seulement sur les programmes, mais sur la capacité d’un camp à accepter — ou non — de se rassembler.

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