Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, est revenu ce lundi matin sur la mort de Quentin, militant nationaliste de 23 ans, décédé après avoir été violemment frappé jeudi soir en marge d’une conférence organisée à Lyon par l’eurodéputée Rima Hassan. Invité de France Inter, il a livré sa lecture des faits tout en rappelant que l’enquête est en cours.
« On est face à un lynchage »
Dès le début de son intervention, le ministre a adressé « toutes ses condoléances à la famille ». Il a ensuite employé un terme fort pour qualifier les faits :
« À coup sûr, il y a un affrontement qui se termine par un lynchage avec des individus qui portent des coups dont ils ne peuvent pas imaginer qu’ils sont mortels. »
Il a écarté le terme de « rixe », estimant que « le mot sous-estime le phénomène ». En revanche, il n’a pas retenu, à ce stade, la qualification de « guet-apens », utilisée par l’avocat de la famille, rappelant que celle-ci « nécessite la préméditation » et qu’il n’en est « pas encore certain ».
La piste de La Jeune Garde
Interrogé sur l’éventuelle implication d’« éléments de La Jeune Garde », groupuscule antifasciste récemment dissous, Laurent Nunez a renvoyé aux autorités judiciaires :
« Seul le parquet confirmera. »
Il a néanmoins indiqué disposer de témoignages laissant envisager la participation « d’anciens membres de La Jeune Garde qui peuvent se réunir fréquemment », ajoutant : « Moi c’est les témoignages que j’ai reçus, mais le procureur confirmera, on verra bien. » Il a précisé qu’à Lyon, « La Jeune Garde était bien installée ».
Les liens évoqués avec La France insoumise
Alors que des responsables politiques s’interrogent sur d’éventuels liens entre La Jeune Garde et La France insoumise, le ministre a déclaré :
« Le lien, à supposer que La Jeune Garde et le parti LFI soient liés, est très fort. Il ne faut pas le nier. »
Il a rappelé qu’« il y a quelques jours encore, un communiqué de LFI demandait à renoncer à la procédure de dissolution en cours » devant le Conseil d’État.
Concernant la présence éventuelle, le soir des faits, d’un assistant parlementaire du député Raphaël Arnault, cofondateur du collectif, Laurent Nunez a répondu : « Non, seul le parquet peut le faire », tout en mentionnant « des témoignages en ce sens ».
Une inquiétude sur le climat politique
Le ministre a élargi son propos à la situation générale. « L’ultragauche française tombe souvent dans la violence », a-t-il affirmé, ajoutant que les services sont « très attentifs » à cette menace « tout comme à l’ultradroite ».
À moins d’un mois des élections municipales, il a reconnu « une montée des tensions, qui peut susciter des affrontements ». Il a indiqué avoir « envoyé un télégramme à tous les préfets » après la dégradation récente d’« une dizaine de permanences LFI ».
En référence à des précédents, il a évoqué la mort de Clément Méric en 2013, précédée selon lui d’« affrontements, de répliques ».
L’enquête judiciaire se poursuit. Le parquet devra déterminer les qualifications pénales retenues et les responsabilités exactes dans cette affaire qui suscite de vives réactions politiques.
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