RN : la relève Bardella devient un scénario de plus en plus crédible

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L’éventualité d’une candidature de Jordan Bardella à la présidentielle de 2027, longtemps évoquée comme un simple scénario alternatif, tend désormais à s’installer comme une hypothèse crédible dans le paysage politique. La situation judiciaire de Marine Le Pen place en effet le Rassemblement national dans une phase d’attente stratégique, où espoir et anticipation se mêlent étroitement.

Dans les mois qui séparent l’actuel procès en appel de son verdict, la cheffe de file des députés RN se trouve dans une position délicate. Elle doit continuer à défendre sa légitimité politique tout en préparant, si nécessaire, un transfert de leadership. Cette période s’apparente à une transition incertaine : tout en espérant pouvoir concourir elle-même à l’élection présidentielle, elle ne peut ignorer le risque d’une décision judiciaire défavorable.

Rien n’est encore tranché sur le plan judiciaire. La défense doit encore exposer ses arguments, et les magistrats conservent toute latitude dans leur décision finale. Toutefois, pour que Marine Le Pen échappe à une sanction lourde d’inéligibilité, il faudrait qu’un élément nouveau et déterminant apparaisse, ce qui ne semble pas avoir été le cas jusqu’à présent. Dans ce contexte, la perspective d’un plan alternatif, incarné par Jordan Bardella, s’impose progressivement comme une option sérieuse.


La question de savoir si le Rassemblement national serait fondamentalement différent sous la bannière de Marine Le Pen ou sous celle de son président reste ouverte. Ce changement représenterait indéniablement un moment marquant, tant pour le parti que pour ses adversaires. Pourtant, tout indique que cette transition serait loin d’être improvisée. Depuis plusieurs années, les deux responsables ont construit un fonctionnement politique étroit, permettant d’envisager une succession sans heurts majeurs.

Si Marine Le Pen devait finalement pouvoir se présenter, Jordan Bardella n’aurait aucune difficulté à reconnaître son autorité politique. À l’inverse, si elle se trouvait empêchée, il apparaît aujourd’hui qu’il serait naturellement désigné pour porter les couleurs du mouvement, sans qu’un autre nom ne semble en mesure de s’imposer. Cette évolution pourrait constituer un bouleversement personnel pour l’ancienne candidate, engagée depuis longtemps dans cette ambition présidentielle, tout comme elle représenterait un défi immense pour un dirigeant encore jeune appelé à assumer un rôle majeur sur la scène nationale.

Sur le plan électoral, les deux figures semblent disposer d’un socle comparable de soutien, ce qui renforce l’idée d’une continuité politique plus que d’une rupture. De plus, le calendrier politique paraît déjà balisé. Marine Le Pen a laissé entendre que le choix du candidat devrait intervenir rapidement après la décision de la justice en appel. Une clarification avant l’été 2026, suivie d’un congrès d’investiture à la rentrée, permettrait selon elle d’organiser une campagne cohérente et structurée.

Au-delà de la question de la candidature, la stratégie affichée consiste à démontrer que le binôme formé par Marine Le Pen et Jordan Bardella resterait opérationnel quelle que soit l’issue judiciaire. Dans cette logique, aucun effacement de l’un au profit de l’autre n’est envisagé dans l’immédiat. Même dans l’hypothèse où elle ne serait pas candidate, Marine Le Pen conserverait une influence déterminante au sein du mouvement et continuerait à en incarner l’autorité politique.

Ainsi, le Rassemblement national se prépare à traverser une période charnière. Entre incertitude judiciaire et préparation politique, le parti cherche à montrer qu’il dispose des ressources nécessaires pour maintenir sa cohérence et sa stabilité, quelle que soit la configuration retenue pour la présidentielle à venir.

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