Salles de shoot, à quel prix pour la société ?

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À l’heure où la prolongation de l’expérimentation des salles de consommation à moindre risque suscite plus de palabres que de solutions concrètes, une évidence s’impose : ce débat symbolise une France déconnectée de ses propres réalités sociales.

Propulsées en 2016 comme une réponse humanitaire aux ravages de la toxicomanie, ces structures ont rapidement été présentées comme une panacée sanitaire, capable – selon certains – de conjurer la délinquance, d’endiguer l’insécurité et de faire revenir l’ordre dans nos rues. Quasi magique !

Pourtant, dès les premiers bilans, le discours « miraculeux » s’est effrité : riverains excédés par l’insécurité, commerces désertés et tensions quotidiennes autour de ces lieux ont remplacé les promesses d’apaisement. Les résultats n’ont rien de spectaculaire et suscitent plus de frustration que de satisfaction dans les quartiers où ces salles ont été implantées.

Quand l’État confond humanité et laxisme

Sous couvert de « réduction des risques », l’État a laissé s’installer un modèle qui tolère la consommation de drogues comme si elle relevait d’un choix de société inéluctable. Ainsi, on organise des espaces financés par le contribuable pour que des toxicomanes s’injectent des substances illicites dans un cadre médicalisé, sans objectif réel de guérison ou de sevrage.

Le comble de cette logique se manifeste aujourd’hui avec des ONG qui, au lieu de proposer des politiques de soin, attaquent l’État pour « inaction »… afin de maintenir ces lieux. Autrement dit, des organisations réclament que l’État garde ouvertes des installations où l’on assiste à la banalisation d’un fléau social plutôt qu’on ne le combat.

Une politique hors sol qui ignore les réalités locales

Les gouvernements successifs ont présenté l’ouverture de ces salles comme un progrès social, mais ont fait abstraction de la voix de ceux qui vivent aux abords au quotidien. Les inquiétudes des riverains – cris, bagarres, présence accrue de dealers – ont été reléguées au rang de simples « effets secondaires » inévitables.

Lorsqu’on confond gestion de crise sanitaire et tolérance à l’anarchie, le résultat est limpide : une partie de la population est sacrifiée au nom d’un dogme bureaucratique qui échoue à répondre aux véritables attentes des citoyens.

Le coût réel d’une illusion

Les chiffres ne trompent pas : ce dispositif apparaît de plus en plus comme un gouffre financier sans retombées tangibles positives en termes de tranquillité publique ou de baisse des addictions profondes. Des millions d’euros sont engagés, non pas pour éradiquer le problème, mais pour l’encadrer. Ce choix politique est symptomatique d’une société qui préfère gérer les conséquences plutôt que s’attaquer aux causes.

Une société qui refuse de regarder la vérité en face

Le débat sur les salles de shoot dépasse la seule question sanitaire. Il révèle un décalage profond entre une élite politique obsédée par sa propre idéologie et une population qui attend des décisions courageuses, capables de restaurer la sécurité, la dignité et le respect de l’ordre public.

Les salles de shoot ne doivent pas devenir le symbole d’une France résignée. Elles doivent être réévaluées à l’aune des préoccupations légitimes de ceux qui vivent avec les conséquences de ces politiques chaque jour. Ce n’est pas en cultivant l’illusion que l’on résout une crise sociale : c’est en affrontant la réalité sans complaisance.

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