Le mot est lâché : « boucherie ». Un proche d’Édouard Philippe résume en une formule ce que tout le monde pense tout bas à Paris. La dissolution de l’Assemblée, désormais dans toutes les têtes, n’est plus une hypothèse mais un compte à rebours. Emmanuel Macron, enfermé dans son bunker élyséen, rêve de gagner du temps. Mais plus personne n’y croit : le bloc central, déjà exsangue, se prépare à un nouveau désastre électoral.
Car le scénario est écrit d’avance. On a demandé aux Français de « faire barrage » au Rassemblement national en 2024, en sacrifiant convictions et cohérence. Aujourd’hui, les mêmes sont incapables de s’entendre sur un budget. Résultat : le peuple, une fois encore, sera sommé de voter pour une classe politique qui n’a rien réglé et qui ne propose rien d’autre qu’une austérité sans fin.
À gauche, on jubile. Grâce au silence stratégique — ou plutôt au silence suicidaire — de Sébastien Lecornu, les socialistes ont eu tout le loisir d’imposer leurs thèmes : taxe Zucman, retour de l’ISF, justice fiscale. Face à eux, le « socle commun » — Macron, Horizons, MoDem et consorts — n’a trouvé rien de mieux qu’une idée aussi brillante que suicidaire : supprimer deux jours fériés. De quoi séduire les Français, c’est certain…
Les Républicains, eux, se retrouvent coincés. Bruno Retailleau, fraîchement installé à la tête du parti, est sommé d’accélérer la préparation des législatives. Faut-il pactiser avec Renaissance et Horizons dès le premier tour pour sauver quelques sièges ? Certains y poussent. Mais à quel prix ? Car en se liant à Macron, la droite risque de se dissoudre un peu plus, au point de devenir totalement inaudible en 2027.
La vérité est brutale : la dissolution annoncera peut-être la fin du « bloc central », cette chimère macroniste qui n’a jamais été qu’un agrégat de carriéristes soudés par la peur du RN. Mais elle mettra aussi à nu la droite traditionnelle, incapable de choisir entre la survie à court terme et la reconstruction d’un vrai projet alternatif.
Alors oui, « ce sera une boucherie ». Pas seulement électorale. Une boucherie politique pour un système à bout de souffle, qui refuse d’entendre le grondement du pays réel.
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