Violences sur mineurs à Paris : des parents attaquent Hidalgo pour non-assistance à personne en danger

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Ce n’est plus seulement les animateurs. Les 24 et 25 août, trois familles de l’école Saint-Dominique, dans le 7e arrondissement, ont déposé plainte contre Anne Hidalgo, maire de Paris de 2014 à 2026, et Patrick Bloche, son premier adjoint chargé de l’éducation, de la petite enfance et des familles d’octobre 2017 à mars 2026. Le grief : non-assistance à personne en danger, notamment sur mineurs de moins de 15 ans.

L’information, d’abord révélée par Le Point, a été confirmée au Figaro par Me Lise-Honorine Bornes, avocate des familles. Deux plaintes ont été déposées en commissariat, la troisième directement au parquet de Paris.

Depuis l’émission Cash Investigation du 29 janvier sur France 2, l’école Saint-Dominique est au cœur du scandale. Neuf animateurs y ayant travaillé ont été suspendus pour suspicions de violences physiques et sexuelles. Le 22 mai, deux hommes de 52 et 44 ans ont été mis en examen et placés en détention provisoire ; une animatrice a été placée sous le statut de témoin assisté. Plusieurs familles avaient déjà porté plainte contre ces agents. C’est la première fois qu’elles s’attaquent aussi aux élus employeurs.

« Il ne s’agit pas d’un problème de gestion politique. Nous avons des éléments probants qui montrent que Madame Hidalgo et Monsieur Bloche étaient au courant de l’affaire, et n’ont rien fait », affirme Me Bornes.

Le collectif SOS Périscolaire, qui accompagne les parents, salue le geste. Ses cofondatrices, Anne et Élisabeth, parlent d’un sentiment d’abandon : plaintes classées, mis en cause relaxé, responsables politiques jamais inquiétés. D’autres familles, y compris dont les enfants n’ont pas été victimes, envisagent des poursuites — à Paris et ailleurs — lorsque les mairies n’appliquent pas le principe de précaution, ne communiquent pas et se soustraient à leurs obligations.

Le dossier ne date pas de 2026. En novembre 2025, Patrick Bloche avait lui-même annoncé la suspension de 52 animateurs périscolaires pour des signalements de violences sexuelles depuis le début de l’année. Au printemps 2025 avait éclaté l’affaire de l’école maternelle Alphonse-Baudin (11e), puis celle de l’école Bullourde en octobre. Le 14 octobre 2025, Inès de Raguenel (groupe Changer Paris, proche de Rachida Dati) publiait une tribune pour « briser l’omerta ». Bloche avait alors annoncé un plan : défenseur des enfants de la Ville confié à un magistrat, adresse mail de signalement, formations supplémentaires.

Selon les pièces citées dans les plaintes, consultées par nos confrères du Figaro, Anne Hidalgo avait déjà été interpellée le 14 avril 2015 par Jean-Pierre Lecoq, alors maire du 6e : « Des enfants sont abusés sexuellement par des animateurs lors des activités périscolaires. » Hidalgo, écrit le document, « est restée absolument mutique ». Le 20 novembre 2025, face à Inès de Raguenel qui évoquait l’explosion des signalements et des centaines d’enquêtes du parquet, la maire a refusé de répondre au Conseil de Paris et de recevoir les familles.

Plus ancien encore : un rapport de l’inspection générale de la Ville, en 2015, dressait déjà le diagnostic des risques d’infractions sexuelles commises par des agents municipaux et proposait une cinquantaine de mesures. Inès de Raguenel indiquait en mai qu’à sa découverte, 48 ou 49 recommandations sur 50 n’avaient pas été appliquées. « Ils sont dans le déni. Ils ont continué de travailler comme ils avaient l’habitude de le faire. »

Le parquet n’a pas indiqué, à ce stade, avoir ouvert une enquête visant nommément les deux élus. Les parents, eux, ont choisi de faire remonter la chaîne : des animateurs jusqu’à ceux qui les employaient et qui, selon eux, avaient été prévenus.

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