La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a reconnu publiquement que la réduction de la place du nucléaire dans la stratégie énergétique européenne constituait une « erreur stratégique ». Cette déclaration, prononcée le 10 mars 2026 à Paris lors d’un sommet consacré au nucléaire civil, marque un tournant dans la position de l’Union européenne sur cette question.
Selon Ursula von der Leyen, l’Europe s’est privée d’une source d’énergie « fiable, économique et faiblement émettrice de carbone » en limitant les investissements dans l’énergie nucléaire au cours des dernières années. Cette prise de position intervient dans un contexte de tensions énergétiques internationales et de réflexion sur la sécurité d’approvisionnement du continent.
Une déclaration faite lors d’un sommet européen du nucléaire
La présidente de la Commission européenne s’exprimait lors du sommet européen du nucléaire civil organisé à Paris. Cet événement réunissait responsables politiques, industriels et experts du secteur pour discuter de l’avenir énergétique de l’Europe.
Dans son intervention, Ursula von der Leyen a estimé que la politique de réduction du nucléaire menée dans plusieurs pays européens n’avait pas produit les effets attendus. Elle a souligné que l’atome constituait une source d’énergie stable et faiblement carbonée, compatible avec les objectifs climatiques de l’Union européenne.
Cette déclaration a été largement commentée, car elle tranche avec les orientations adoptées dans certains États membres depuis les années 2000, notamment après l’accident de Fukushima en 2011, qui avait conduit plusieurs gouvernements à réduire ou abandonner leur programme nucléaire.
Emmanuel Macron défend le rôle stratégique du nucléaire
Lors de ce même sommet, le président français Emmanuel Macron a lui aussi insisté sur l’importance du nucléaire dans la stratégie énergétique européenne.
Selon lui, l’énergie nucléaire peut contribuer à trois objectifs majeurs : l’indépendance énergétique, la réduction des émissions de carbone et la compétitivité économique. Il a estimé que l’atome permettait de limiter la dépendance aux hydrocarbures importés, particulièrement dans un contexte international marqué par des tensions sur les marchés du pétrole et du gaz.
Emmanuel Macron a également encouragé les investissements dans de nouveaux réacteurs et dans la modernisation du parc nucléaire existant.
Une évolution progressive des positions européennes
Depuis plusieurs années, les positions au sein de l’Union européenne sur le nucléaire ont évolué. Certains États, historiquement opposés à cette énergie, ont réévalué leur stratégie face aux enjeux climatiques et aux crises énergétiques.
L’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022 a notamment mis en évidence la dépendance de plusieurs pays européens au gaz russe. Dans ce contexte, plusieurs gouvernements ont reconsidéré la place du nucléaire dans leur mix énergétique.
Aujourd’hui, de nombreux États membres soutiennent l’idée d’un développement ou d’un maintien du nucléaire civil, aux côtés des énergies renouvelables.
Des oppositions toujours présentes dans certains pays
Malgré ce changement d’orientation, le nucléaire reste contesté dans plusieurs pays européens. L’Autriche et le Luxembourg maintiennent notamment leur opposition à cette technologie, tandis que d’autres États privilégient fortement les énergies renouvelables comme l’éolien ou le solaire.
Les débats portent notamment sur la gestion des déchets nucléaires, les coûts de construction des centrales et les risques d’accident.
Dans le même temps, plusieurs pays, dont la France, la Pologne ou encore certains États d’Europe centrale, soutiennent activement le développement de nouvelles installations nucléaires.
La déclaration d’Ursula von der Leyen illustre ainsi une évolution notable dans la manière dont l’Union européenne aborde la question énergétique, alors que les enjeux de souveraineté énergétique et de décarbonation deviennent centraux dans les politiques publiques du continent.
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