C’est une découverte aussi inattendue que précieuse : une pellicule contenant un film perdu de Georges Méliès a été retrouvée aux États-Unis, dans un simple coffre conservé depuis plusieurs générations. À l’intérieur, plusieurs bobines anciennes, dont une œuvre datant de 1897, intitulée Gugusse et l’automate, ont été mises au jour par Bill McFarland, professeur retraité.
Sans savoir ce qu’il tenait entre les mains, ce dernier a d’abord tenté de s’en séparer, avant de comprendre la valeur potentielle de ces fragments de pellicule. C’est finalement auprès de la Bibliothèque du Congrès, en Virginie, que les bobines ont été confiées pour expertise.
Une pièce rare des débuts du cinéma
Parmi les éléments analysés, les archivistes ont identifié un court film d’environ 45 secondes attribué à Georges Méliès, figure majeure des débuts du cinéma. Réalisée à peine deux ans après les premières projections publiques des frères Lumière, cette œuvre s’inscrit dans une période fondatrice du septième art.
Le film met en scène Méliès lui-même dans un numéro mêlant illusion et mécanique : un automate grandit, frappe son créateur, puis disparaît grâce à un procédé de montage ingénieux. Malgré sa brièveté, la précision des plans et la créativité visuelle témoignent déjà d’une maîtrise remarquable.
Une restauration réussie
Conservées pendant des décennies dans des conditions imparfaites, les bobines en nitrate présentaient des signes d’usure : rétrécissement, déchirures, fragilité accrue. Malgré cela, les spécialistes ont pu restaurer et numériser la pellicule en une semaine.
Le résultat permet aujourd’hui de visionner ce fragment d’histoire sur le site de la Bibliothèque du Congrès. Une renaissance rendue possible grâce à la vigilance d’un particulier et au savoir-faire des archivistes.
Un éclairage précieux sur l’œuvre de Méliès
Cette redécouverte enrichit la compréhension du travail de Georges Méliès, pionnier des effets spéciaux et réalisateur emblématique du début du XXe siècle. Longtemps tombé dans l’oubli après la disparition d’une partie de ses films — certains détruits, d’autres recyclés — son œuvre continue d’être reconstituée au fil des trouvailles.
Le film retrouvé, bien que mentionné dans ses catalogues, n’avait jusqu’ici jamais été observé depuis la disparition des archives du génie. Il offre un aperçu supplémentaire de l’inventivité de celui qui marquera durablement l’histoire du cinéma avec des œuvres comme Le Voyage dans la Lune.
Une transmission inattendue à travers les générations
L’origine de ces bobines remonte à l’arrière-grand-père de Bill McFarland, projectionniste itinérant à la fin du XIXe siècle. Parcourant les campagnes avec ses équipements, il présentait des spectacles mêlant images animées et dispositifs visuels.
Ce lien familial explique la présence de ces films dans un coffre transmis de génération en génération, sans que leur valeur historique ne soit identifiée.
Une redécouverte qui réjouit les historiens
Pour les spécialistes comme pour les amateurs de cinéma, cette découverte constitue une avancée notable. Elle illustre à quel point des fragments du patrimoine culturel peuvent encore surgir de lieux inattendus.
La mise à disposition de ce film au public permet non seulement d’enrichir les archives existantes, mais aussi de raviver l’intérêt pour les origines du cinéma, dans un contexte où chaque image retrouvée éclaire un peu davantage ses débuts.
Une preuve supplémentaire que, même après plus d’un siècle, le cinéma peut encore réserver de belles surprises.


