Il s’appelle Shahid Butt, il a 60 ans, et il est aujourd’hui candidat au conseil municipal de Birmingham.
Ce simple enchaînement de mots suffit à provoquer un choc, tant le passé de cet homme rend sa candidature proprement sidérante.
Un projet d’attentat islamiste
Shahid Butt a été condamné à cinq ans de prison pour terrorisme.
Les faits sont lourds, documentés, établis par la justice : exilé au Yémen, il participait à un projet d’attentat à la bombe visant le consulat britannique d’Aden, une église anglicane et un hôtel suisse. Le projet a été déjoué in extremis par les autorités locales.
Un contexte meurtrier
L’affaire ne s’arrête pas à une simple intention criminelle. Seize touristes occidentaux sont pris en otage par un groupe islamiste lié à la même mouvance, réclamant notamment la libération de détenus impliqués dans ce projet, dont Shahid Butt.
L’assaut mené par les forces yéménites se solde par la mort de trois otages. Ce contexte sanglant entoure directement le dossier pour lequel il a été condamné.
La minimisation comme stratégie
Interrogé aujourd’hui, Shahid Butt parle d’« erreurs de jeunesse », évoque une « vie colorée », se présente comme un homme transformé.
Le vocabulaire est soigneusement choisi, presque anodin. Le terrorisme devient un épisode, la prison un détour, l’idéologie une parenthèse refermée sans preuve réelle de renoncement profond.
La loi comme paravent
Ses soutiens rappellent que la loi britannique n’interdit pas à un ancien condamné, passé un certain délai, de se présenter à une élection locale. L’argument est juridiquement exact.
Mais réduire la démocratie à un délai de prescription, c’est oublier qu’elle repose aussi sur une exigence morale, sur une mémoire collective, sur une hiérarchie implicite des fautes.
Les victimes priées d’oublier
Autoriser une telle candidature revient à adresser un message glaçant aux victimes du terrorisme : le temps efface tout, y compris l’adhésion à une idéologie meurtrière.
C’est demander aux survivants, aux familles endeuillées, d’accepter que l’auteur d’un projet d’attentat puisse désormais représenter la collectivité.
Une banalisation dangereuse
Ce cas dépasse Birmingham. Il illustre une tendance plus large : la normalisation progressive de l’inacceptable, sous couvert d’inclusion, de réinsertion, de peur d’être accusé de stigmatisation.
À force de ne plus vouloir juger, on finit par ne plus distinguer.
Une démocratie désarmée
Une démocratie peut survivre à la contestation, à la colère, même à l’erreur.
Elle survit beaucoup moins bien à l’amnésie volontaire, surtout lorsqu’elle concerne ceux qui ont voulu la frapper au cœur.

