Thales présente HexaForce, alternative européenne à Palantir

Thales a dévoilé ce jeudi 17 septembre HexaForce, un outil de commandement conçu pour les armées de l’OTAN. En quelques secondes, le logiciel confronte des milliers d’informations collectées par radars, drones, satellites et forces terrestres afin d’éclairer la prise de décision militaire.

Son nom évoque les six champs dont il combine les flux — cyber, guerre électronique, espace, air, mer et terre. Doté d’intelligence artificielle, HexaForce a été présenté comme une « alternative européenne à Palantir » par Philippe Keryer, directeur stratégie, recherche et technologie de Thales, dans une déclaration à l’AFP.

L’américain Palantir occupe une place dominante sur ce segment. L’OTAN a choisi en 2025 son Maven Smart System ; le dispositif, opérationnel depuis juin, sert à agréger le renseignement de capteurs hétérogènes, à préparer les missions et à raccourcir les délais de ciblage.

Du côté européen, s’appuyer sur un acteur américain pour traiter des données militaires sensibles pose un enjeu de souveraineté. Même si les armées conservent la maîtrise de ces données, elles restent tributaires d’un prestataire étranger pour les convertir en éléments exploitables par le commandement. S’y ajoute le fait que les logiciels américains obéissent aux règles d’exportation des États-Unis.

Interrogé par l’AFP, le PDG de Thales Patrice Caine a souligné que l’OTAN a « énormément de besoins » et que la solution fournie par Palantir « ne représente qu’une toute petite partie de la solution ». « Il y a actuellement plusieurs appels d’offres en cours de l’OTAN pour s’équiper de ce type de solution, HexaForce et d’autres proposées par des concurrents », a-t-il indiqué. « La bataille ne fait que commencer, c’est un domaine émergeant, nous ne sommes qu’au début d’un long voyage », a-t-il poursuivi, en estimant que ce marché représentera à terme « plusieurs dizaines de milliards » d’euros.

Grâce à l’IA, HexaForce ambitionne de porter de 100 à 1 000 le volume quotidien de cibles analysées. Son développement repose sur cortAIx, le pôle d’intelligence artificielle de Thales, qui rassemble 800 ingénieurs. Le groupe intègre aussi des briques d’Artemis.IA, plateforme déployée depuis 2023 par le ministère français des Armées pour colliger et exploiter des données multi-sources.



Le Journal des Francais