La mort de Quentin Deranque à Lyon continue de produire des secousses politiques majeures. Mardi 17 février, lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, le groupe La France insoumise (LFI) s’est retrouvé au centre d’attaques nourries de la part de plusieurs formations politiques, après l’interpellation de neuf suspects dans l’enquête sur le lynchage mortel du jeune homme.
Parmi les personnes arrêtées figure Jacques-Élie Favrot, collaborateur parlementaire du député LFI Raphaël Arnault. Ce dernier est également cofondateur du groupuscule la Jeune Garde, dissous par le gouvernement l’an dernier.
L’atmosphère était électrique dans l’Hémicycle. Une minute de silence a d’abord été observée en hommage à Quentin Deranque. Puis les interventions se sont succédé, visant directement les bancs insoumis.
Le garde des Sceaux Gérald Darmanin a ouvert les hostilités :
« Il y a brutalisation du débat lorsque l’on dit que la « police tue ». Il y a brutalisation quand on justifie l’action de la Jeune Garde et qu’on investit aux élections législatives son dirigeant (…). La Jeune Garde tue et LFI devrait le condamner. »
Les députés insoumis sont restés silencieux, manifestant leur désapprobation par des gestes discrets.
« L’extrême gauche a du sang sur les mains »
Le président du groupe Droite républicaine, Laurent Wauquiez, a ensuite pris la parole pour dénoncer ce qu’il considère comme des responsabilités politiques :
« L’extrême gauche a du sang sur les mains. (…) Cette violence, c’est celle qu’a voulue Jean-Luc Mélenchon comme un outil politique quand il a déclaré qu’il fallait tout conflictualiser. (…) Non, ce n’est pas la police qui tue, c’est l’extrême gauche qui tue (…) c’est l’extrême gauche qui menace la République. »
Dans les rangs de LFI, la présidente du groupe, Mathilde Panot, a tenté de calmer ses collègues afin d’éviter tout éclat public, avant de prendre la parole :
« Nous n’acceptons pas que la violence physique, d’où qu’elle vienne, soit employée pour régler les conflits. »
Elle a dénoncé « ceux qui instrumentalisent ce drame pour nous salir » et affirmé :
« LFI n’est impliquée ni de près ni de loin. »
La réponse du Premier ministre Sébastien Lecornu a été immédiate et ferme :
« Il est temps que vous fassiez le ménage, Madame la présidente Panot, le ménage dans vos propos, dans vos idées, et surtout dans vos rangs. (…) Que cet assassinat serve au moins pour sa mémoire à ce que vous vous posiez les bonnes questions. »
Ses propos ont été longuement applaudis par une large partie de l’Hémicycle, de la majorité présidentielle jusqu’au Rassemblement national.
L’absence remarquée de Raphaël Arnault
L’absence de Raphaël Arnault a également alimenté les critiques. La députée Hanane Mansouri a interpellé le groupe LFI :
« Si LFI est innocent, où est Raphaël Arnault ? Où se cache-t-il aujourd’hui ? »
Les Insoumis affirment qu’il ne siège pas pour des raisons de sécurité, évoquant des menaces émanant « de groupes d’extrême droite ».
Une affaire aux répercussions politiques durables
Dans la soirée, quatre nouvelles interpellations ont été annoncées, confirmant l’ampleur de l’enquête. La présence d’un collaborateur parlementaire parmi les suspects renforce la dimension politique de l’affaire et alimente les tensions entre les groupes.
L’enquête judiciaire se poursuit afin d’établir précisément les responsabilités individuelles dans la mort de Quentin Deranque. Sur le plan politique, en revanche, le choc est déjà bien installé.
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