Tariq Ramadan condamné à 18 ans de réclusion criminelle pour viols

Romina Santarelli / Ministerio de Cultura de la Nación

La cour criminelle de Paris a condamné Tariq Ramadan à 18 ans de réclusion criminelle pour des faits de viols commis sur trois femmes. Le verdict a été rendu alors que l’islamologue n’a jamais comparu durant les trois semaines d’audience, ouvertes début mars.

L’accusé, âgé de 63 ans, a invoqué son état de santé, notamment une sclérose en plaques, pour justifier son absence. Malgré ces arguments, une expertise médicale ordonnée par la cour a conclu à la stabilité de son état et à sa capacité à être jugé. Les magistrats ont donc décidé de poursuivre la procédure en son absence.

La condamnation suit les réquisitions du parquet général.

Outre la peine de prison, la cour a prononcé plusieurs mesures à l’encontre de Tariq Ramadan. Il devra faire l’objet d’un suivi judiciaire pendant huit ans, avec interdiction d’entrer en contact avec les victimes.

Les juges ont également interdit toute prise de parole publique ou diffusion d’ouvrages liés aux faits pour lesquels il a été condamné. Une interdiction définitive du territoire français a été décidée à l’issue de sa peine.

Enfin, un mandat d’arrêt à exécution immédiate a été délivré.

Un procès marqué par de nombreuses tensions

Le déroulement du procès a été marqué par plusieurs épisodes de tension. Dès l’ouverture des débats, la défense a évoqué une hospitalisation en Suisse liée à une poussée de sclérose en plaques, accompagnée d’un certificat médical.

Les avocats des parties civiles ont rapidement dénoncé une stratégie visant à retarder ou éviter le procès. Après l’expertise médicale concluant à la capacité de l’accusé à comparaître, la cour a décidé de maintenir l’audience.

Les avocats de Tariq Ramadan ont quitté la salle, dénonçant une « parodie de justice ». La suite du procès s’est donc déroulée sans défense présente à l’audience.

Un nouveau certificat évoquant une hospitalisation psychiatrique imminente a été transmis en cours de procès, sans modifier le calendrier judiciaire.

Des faits remontant sur plusieurs années

Les faits jugés concernent trois femmes. L’un des viols a été commis en 2009 à Lyon, un autre en 2012 à Paris, et un troisième en 2016. L’affaire a été déclenchée en 2017 par le dépôt de plainte d’Henda Ayari.

Initialement, une quatrième plaignante figurait dans le dossier, mais la cour d’appel a finalement écarté son cas. Elle a également rejeté la qualification d’« emprise », estimant que les faits relevaient principalement de violences physiques.

Les récits des victimes décrivent des relations sexuelles imposées, caractérisées par des contraintes physiques et verbales. Tariq Ramadan a d’abord nié toute relation, avant d’admettre des relations sexuelles qu’il qualifie de consenties, bien que marquées par une forme de domination.

Une affaire judiciaire de longue durée

L’affaire s’inscrit dans un processus judiciaire de près de huit ans d’instruction. Durant cette période, Tariq Ramadan a multiplié les recours et les demandes de nouvelles expertises, affirmant détenir des éléments prouvant son innocence.

Parallèlement, il a déjà été condamné en Suisse en 2024 à trois ans de prison, dont un an ferme, pour le viol d’une femme en 2008 à Genève. Il conteste également cette décision et a engagé des procédures devant les juridictions européennes.

Un verdict attendu par les parties civiles

Pour les plaignantes, ce procès représentait une étape attendue de longue date, certaines dénonçant des faits remontant à plus de quinze ans. L’absence de l’accusé et de sa défense a toutefois marqué les débats.

La décision de la cour clôt une procédure complexe, marquée par des contestations, des rebondissements médicaux et des affrontements judiciaires constants.

Une condamnation logique qui intervient au terme d’un procès atypique, conduit jusqu’au bout malgré l’absence de l’accusé, qui a préféré la lâcheté de la fuite.

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