Six milliards d’euros de projets d’investissement pour les Outre-mer

Le premier sommet « Choose Outre-mer », organisé jeudi 1er octobre à Paris, a permis d’annoncer près de six milliards d’euros de projets d’investissement public et privé tournés vers les Outre-mer.

Plus de 150 entreprises et investisseurs se sont retrouvés à la Banque de France pour cette rencontre impulsée par la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou. Le gouvernement y a mis en avant une autre manière d’aborder le développement de ces territoires.

« Pendant longtemps, nous avons pensé leur développement d’abord à partir de leurs contraintes », a souligné la ministre. L’exécutif mise désormais sur des atouts comme la biodiversité tropicale ou l’économie bleue. « Pas une subvention, un investissement », a-t-elle déclaré.

Parmi les cent projets stratégiques recensés figurent l’énergie, le tourisme et le spatial. En Guyane, IDEX annonce 250 millions d’euros pour une unité de valorisation à Macouria ; en Martinique, IDEX consacre 225 millions d’euros à la modernisation de l’incinérateur de Fort-de-France.

Torskal établira à La Réunion une usine de nanoparticules d’or destinées au traitement du cancer. Côté Nouvelle-Calédonie, un pôle de maintenance navale de 70 millions d’euros est prévu par le port autonome, tandis que Suez Eau France portera une usine d’eau potable de 55 millions d’euros.

Géré par INCO Ventures et associant l’État à des partenaires privés, le fonds à impact « Outre-mer One » a bouclé un premier tour de table à 35 millions d’euros, au-delà de la cible fixée. L’instrument doit accompagner les jeunes pousses ultramarines.

Dirigeant de Fire Tracking, start-up calédonienne qui met au point des caméras capables de repérer des feux de forêt jusqu’à 20 kilomètres, Jean-Simon Chaudier a évoqué les préjugés croisés auprès de fonds parisiens, lesquels se représentaient selon lui « des mecs en claquettes qui vendent des mojitos sur la plage ». Pour convaincre, il a dit avoir masqué l’origine de sa société et multiplié les visioconférences à 3 heures du matin. « Il faut imaginer que dans les outre-mer, on a un jeu de contraintes qui est puissance 10. Donc on est puissance 10 plus innovants », a-t-il résumé.

À la tête d’une marque martiniquaise de cosmétiques, Shirley Billot a raconté avoir essuyé près d’une centaine de refus d’investisseurs hexagonaux avant de se tourner vers les États-Unis et Dubaï. Sa gamme est désormais présente dans 600 points de vente américains. « L’avantage d’être en outre-mer et d’être français, c’est qu’on répond à la réglementation européenne », a-t-elle souligné.

Pour Céline Rose, qui représente la Confédération des petites et moyennes entreprises en Martinique, « Nos territoires sont des territoires de solutions pour répondre à des problématiques nationales ou internationales ».

La commande publique outre-mer est estimée à cinq milliards d’euros. Une loi de simplification doit en ouvrir l’accès à 60 % des PME locales. Un mécanisme fiscal accompagnera la transmission des très petites entreprises, dans un contexte où les cessions ont progressé de 20 % à La Réunion et en Guyane.

Le rendez-vous prendra un rythme annuel, en articulation avec le plan France 2030, doté de près de 300 millions d’euros. « Choose New Caledonia », prochaine édition, est fixé au 15 mars 2027 à Nouméa. Christopher Gygès, membre du gouvernement calédonien, a déclaré que la Nouvelle-Calédonie veut « être un laboratoire pour montrer à la France ce qui marche au niveau économique ».

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