Jeudi 10 septembre, sidérurgistes et acteurs du recyclage ont scellé un accord « pour développer l’acier recyclé ». Ce « Pacte acier vert » a été officialisé par un communiqué conjoint de Federrec, fédération professionnelle des recycleurs, et de l’A3M, alliance française des sidérurgistes.
Les deux organisations affichent l’ambition de « renforcer la souveraineté industrielle et créer les conditions d’une réindustrialisation bas carbone ». Pour « accélérer le développement d’un acier français bas carbone », le texte prévoit une « coopération renforcée » entre producteurs d’acier et recycleurs.
L’acier recyclé, produit à partir d’acier usagé dans des fours à arc électrique, réduit les émissions de CO2 en limitant le recours au minerai et au charbon. Un quart des émissions industrielles de CO2 du pays provient de la sidérurgie française.
Federrec et l’A3M rappellent que le territoire dispose d’un gisement national de ferrailles et d’un parc électrique faiblement carboné. Sécuriser l’approvisionnement des aciéries électriques françaises permettrait, selon elles, de conserver sur place la matière, la valeur ajoutée et les emplois liés.
Le pacte doit favoriser une meilleure captation de la matière disponible, une hausse de sa qualité et le développement de la demande intérieure. La part d’acier issu du recyclage atteint près de 70 % aux États‑Unis, contre environ 45 % en Europe et 37 % en France. L’action porte aussi sur le cadre technique, économique et réglementaire, afin de soutenir cette demande intérieure et de sécuriser les investissements.
D’après les signataires, une tonne d’acier issue des fours électriques génère de 0,3 à 0,6 tonne de CO2, contre 2,3 tonnes pour un haut‑fourneau traditionnel. Préserver les sites industriels en France comme en Europe passe aussi par la décarbonation de l’acier, au regard des objectifs de réduction des émissions fixés par l’Union européenne.
En février, ArcelorMittal a confirmé la construction à Dunkerque de son plus grand four électrique d’Europe, plus de deux ans après un projet de décarbonation qui en prévoyait deux. Depuis le début de 2026, le groupe ne fait plus partie de l’A3M.


