Selon les organisations syndicales, l’appel intersyndical à arrêter le travail cet après-midi a concerné près d’un tiers des 8 000 collaborateurs de SFR.
Auprès de l’AFP, l’UNSA, syndicat majoritaire, a fait état d’au moins 2 660 grévistes ; la CFDT a, pour sa part, évoqué 3 500 personnes. Sollicitée, la direction s’est abstenue de tout chiffrage.
Face au siège parisien d’Altice France, maison mère de l’opérateur, se sont rassemblés entre 1 000 et 2 000 grévistes. Des actions ont aussi eu lieu sur d’autres sites du groupe, à Lyon et à Rennes notamment. La mobilisation avait été lancée par l’UNSA, la CFDT et la CFTC.
Depuis l’annonce, début juin, d’un accord de cession de SFR à Orange, Bouygues Telecom et Iliad‑Free pour 20,35 milliards d’euros, les salariés s’inquiètent du flou qui pèse sur l’avenir de leurs métiers. L’opération demeure conditionnée à l’aval de l’Autorité de la concurrence.
Devant le siège parisien, où les représentants du personnel se sont exprimés, Olivier Lelong, délégué syndical central CFDT, a déclaré : « C’est un premier avertissement ».
Ouvertes fin juin avec les acheteurs, les discussions sur le devenir des effectifs laissent les syndicats insatisfaits. Les transferts envisagés porteraient sur environ 235 salariés chez Orange, 53 chez Iliad et quelque 2 300 chez Bouygues Telecom, auxquels s’ajouteraient près de 2 000 collaborateurs issus de 120 boutiques. Pour les autres, il a été question d’une proposition de reprise par personne : les syndicats jugent la formule insuffisante et en réclament trois. Ils estiment aussi trop faibles les enveloppes de départ destinées à qui refuserait une offre.
Le consortium d’acheteurs affirme vouloir « préserver l’emploi ». Dans une réponse commune, les candidats à la reprise ont souligné que le projet « apporte une solution d’emploi à chacun des 8 000 salariés du périmètre repris » : d’après leur schéma, environ 5 000 d’entre eux pourraient intégrer les trois opérateurs dès le lendemain de l’opération, tandis que 3 000 resteraient chez SFR pour piloter la migration sur plusieurs années.
Par ailleurs, le CSE central de SFR a engagé jeudi matin un recours en référé contre les acheteurs et Altice France devant le tribunal judiciaire de Paris ; la justice doit se prononcer le 26 octobre. Les représentants des salariés ont aussi assigné les quatre opérateurs au fond, avec des audiences prévues début décembre. Abdelkader Choukrane, élu au CSE et secrétaire général UNSA, a précisé que les élus entendent mener ce « combat judiciaire » pour obtenir davantage d’informations sur le projet de cession.


