Sébastien Delogu convoqué par la police

Photo : Wikimedia / Creative Commons

À quelques semaines du premier tour des élections municipales, une polémique politique et judiciaire s’invite dans la campagne marseillaise. Sébastien Delogu, député de La France insoumise et candidat à la mairie de Marseille, a été convoqué par la police à la suite de propos tenus lors d’un meeting évoquant la mort d’Adama Traoré.

La convocation fait suite à une plainte déposée par le préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, qui avait publiquement condamné les déclarations du responsable politique. L’affaire illustre les tensions persistantes autour du dossier Traoré et leur résonance dans le débat public.

Une phrase prononcée lors d’un meeting de campagne

Les faits remontent au premier meeting de campagne de Sébastien Delogu. Lors de cette réunion publique, le député insoumis évoquait la mort d’Adama Traoré en présence d’Assa Traoré, la sœur du défunt.

À cette occasion, l’élu a lancé une phrase qui a rapidement suscité la controverse :
« Ça les fait criser quand on dit que la police tue, mais la police a tué son frère. »

Ces propos ont été jugés particulièrement problématiques par les autorités préfectorales, dans la mesure où la justice a déjà statué sur cette affaire.

Une affaire judiciaire déjà tranchée

Le dossier Adama Traoré fait l’objet de débats politiques et médiatiques depuis la mort du jeune homme en juillet 2016, après son interpellation par des gendarmes dans le Val-d’Oise.

Sur le plan judiciaire, plusieurs décisions ont été rendues. En août 2023, une ordonnance de non-lieu a été prononcée concernant les gendarmes impliqués dans l’interpellation. Cette décision a ensuite été confirmée en appel en 2024. Un pourvoi en cassation a également été rejeté en 2026, confirmant définitivement l’absence de poursuites contre les militaires.

C’est dans ce contexte juridique que la déclaration de Sébastien Delogu a été considérée par les autorités comme susceptible de poser problème.

Une convocation au commissariat de Marseille

Selon les informations rapportées par plusieurs médias, le député a été convoqué à l’hôtel de police de Marseille le 25 février afin d’être entendu par les forces de l’ordre.

Cette convocation fait suite à la plainte déposée par le préfet des Bouches-du-Rhône. La préfecture n’a toutefois pas souhaité commenter officiellement la procédure, invoquant le devoir de réserve qui s’impose en période électorale.

Au moment des faits, Jacques Witkowski avait néanmoins réagi publiquement sur les réseaux sociaux pour dénoncer les propos de l’élu et réaffirmer son soutien aux forces de l’ordre.

Une audition sous tension

La convocation elle-même aurait donné lieu à un échange tendu avec les policiers. Selon le récit rapporté par l’hebdomadaire Marianne, Sébastien Delogu aurait adopté une attitude peu coopérative lors de son audition.

À une question administrative posée par les enquêteurs — concernant sa pointure de chaussures — l’élu aurait répondu :
« Ma pointure ? Vous n’avez qu’à regarder vous-même. »

Cette scène, rapportée dans la presse, a contribué à alimenter la dimension polémique de l’affaire.

Un élu déjà impliqué dans d’autres procédures

Cette convocation intervient alors que le député insoumis a déjà été confronté à plusieurs affaires judiciaires ces dernières années.

En février 2025, Sébastien Delogu a notamment été condamné pour violences aggravées à l’encontre de deux cadres de l’Éducation nationale.

Par ailleurs, son nom apparaîtrait également dans une enquête liée au narcotrafic ouverte à Aix-en-Provence. Selon certaines informations de presse, il aurait échangé à plusieurs reprises à propos de mystérieux « colis » avec un individu arrêté lors du démantèlement d’un point de deal. Aucune mise en examen n’a cependant été annoncée dans ce dossier.

Une polémique qui s’invite dans la campagne municipale

L’affaire intervient dans un contexte politique particulièrement tendu à Marseille, à l’approche des élections municipales.

La convocation d’un candidat à la mairie par les forces de l’ordre, sur fond de déclaration controversée et de plainte du préfet, donne une dimension nationale à un épisode initialement lié à un meeting local.

Elle illustre également la persistance des tensions politiques autour de la question des relations entre police, justice et responsables politiques, ainsi que la sensibilité du dossier Adama Traoré dans le débat public français.

La suite de la procédure déterminera si cette polémique restera un épisode de campagne ou prendra une dimension judiciaire plus importante.

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