Il y a 23 ans, la France suffoquait sous une canicule historique. 15 000 morts, essentiellement des personnes âgées, abandonnées dans des Ehpad ou chez elles, sans climatisation, sans aide, sans plan digne de ce nom. L’exécutif de l’époque, critiqué de toutes parts, sortait l’arme ultime : la journée de solidarité. Un jour de travail gratuit imposé à tous les actifs pour « financer l’autonomie des personnes âgées et handicapées ». La promesse était claire : plus jamais ça.
Aujourd’hui, en juin 2026, la France replonge dans des vagues de chaleur extrêmes. Hôpitaux saturés, patients qui meurent dans leur chambre faute de climatisation, Ehpad toujours inadaptés… Et pendant ce temps, 36 milliards d’euros ont été prélevés depuis 2004 grâce à cette fameuse journée de solidarité. 3,36 milliards rien qu’en 2026. Où est passé cet argent ? Pourquoi nos aînés sont-ils toujours aussi vulnérables ?
Un gigantesque hold-up sur le dos des travailleurs
Chaque année, les salariés français offrent une journée de leur vie pour financer la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA). Budget annuel : près de 45 milliards d’euros. 60 % pour les seniors, 40 % pour les handicapés. On nous explique doctement que cet argent sert à financer les Ehpad (7 500 établissements, 600 000 places) et l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA).
La ministre déléguée à l’Autonomie, Camille Galliard-Minier, se félicite : « Cet argent contribue à financer des dispositifs très concrets ». Frédéric Bizard, économiste spécialiste de la santé, a une tout autre lecture : « On est dans un puits sans fond ». Et il a raison.
Malgré ces sommes colossales, la situation de la dépendance n’a pas fondamentalement progressé. Les besoins explosent (1,4 million de personnes dépendantes aujourd’hui, 3,4 millions prévues en 2050), le parc immobilier des Ehpad est vieillissant et peu adapté aux fortes chaleurs, et la prévention reste le parent pauvre. On préfère toujours le curatif coûteux : placer tout le monde en établissement très médicalisé plutôt que d’investir massivement dans le maintien à domicile et la prévention.
L’argent de la solidarité détourné ?
La question que tout Français légitimement en colère se pose : où va vraiment cet argent ? Comment expliquer qu’après 36 milliards, on en soit encore au même point qu’en 2003 ? Beaucoup pointent du doigt l’explosion des dépenses pour l’immigration, l’AME (Aide médicale d’État), le regroupement familial et toutes les prestations non-contributives qui absorbent des ressources faramineuses pendant que les Français de souche âgés sont laissés en plan.
L’État est champion pour prélever (avec une précision de 20 centimes près sur vos déclarations), mais totalement incompétent pour dépenser efficacement. Pas de vision à long terme, pas de planification sérieuse, une préférence idéologique pour le curatif et l’accueil plutôt que pour la protection des plus vulnérables d’entre nous.
Résultat : les proches aidants (familles) portent encore l’essentiel du fardeau, quand ils le peuvent. Les Ehpad manquent de places, sont chers, et souvent indignes en période de canicule. Et pendant ce temps, on nous propose de renommer les Ehpad en « Maisons France Autonomie ». Du marketing à la place d’une vraie politique.
Il faut une réforme radicale, pas une deuxième journée de solidarité
Frédéric Bizard le dit clairement : créer une deuxième journée de solidarité serait une mauvaise réponse. C’est un effort supplémentaire demandé aux petits salaires et aux métiers pénibles, sans garantie d’efficacité tant qu’il n’y aura pas de plan global, de diversification des structures selon le degré de dépendance, et une vraie priorisation des Français âgés.
Les Français sont 8 sur 10 à réclamer la généralisation de la climatisation dans les écoles, logements, transports et Ehpad. C’est du bon sens. Mais pour cela, il faut arrêter de dilapider l’argent public dans des priorités qui ne sont pas celles du peuple français.
La canicule révèle impitoyablement les faiblesses de notre système : une transition énergétique dogmatique qui nous rend vulnérables, une immigration de masse qui coûte cher, et une gestion de la dépendance calamiteuse malgré des prélèvements records.
Assez des promesses non tenues. Les 36 milliards de la journée de solidarité doivent servir aux Français âgés, pas disparaître dans les méandres d’une administration obèse et d’une idéologie qui place l’accueil de tous avant la protection des nôtres.
Il est temps d’exiger des comptes, une vraie réforme de la dépendance et une priorité absolue : nos parents et grands-parents d’abord.


