Sarah Knafo porte plainte contre Aphatie après « xénophobe et raciste » sur Quotidien

Capture BFMTV

Sarah Knafo a annoncé, jeudi 24 septembre, qu’elle déposerait plainte contre Jean-Michel Aphatie. L’eurodéputée Reconquête estime que les propos tenus lundi soir sur le plateau de Quotidien (TMC) constituent des injures. « Vous êtes nombreux à vous être sentis insultés par les propos de Jean-Michel Aphatie. En votre nom, j’annonce déposer plainte contre lui. Il devra répondre de ses injures devant la justice », a-t-elle écrit sur ses réseaux. Dans d’autres déclarations relayées mercredi, elle a parlé de « méthodes staliniennes » et ajouté : « On ne laissera plus rien passer. » Au soir du 24 septembre, ni le tribunal saisi ni la date exacte du dépôt n’avaient été rendus publics.

Ce qui a été dit lundi sur TMC

Lundi 21 septembre, Jean-Michel Aphatie consacre son intervention quotidienne au streamer Andréas Honnet, dit Sardoche. Celui-ci était apparu aux côtés d’Éric Zemmour lors d’un meeting à Port-Marly (Yvelines), avant de s’en distancer après l’interview du président de Reconquête sur BFMTV, où Zemmour a durci son discours sur l’immigration. Aphatie juge alors que Zemmour s’y est révélé « raciste et xénophobe comme il ne l’a jamais été », puis enchaîne : « Zemmour, ce n’est plus possible. […] Et là, on essaye de vendre Knafo. Mais Knafo, elle est xénophobe et raciste comme lui et elle est copine avec l’AfD. » Yann Barthès ajoute : « Et ce n’est pas nouveau. »

Le lien avec l’AfD n’est pas inventé de toutes pièces : Sarah Knafo siège au Parlement européen dans le groupe L’Europe des nations souveraines, qui compte des élus de l’Alternative pour l’Allemagne. Elle a récemment défendu, après une percée régionale de l’AfD, l’idée que l’on « nazifie » trop facilement les partis hostiles à l’immigration, tout en disant condamner les propos négationnistes et avoir refusé de siéger avec Maximilian Krah.

La réponse de Knafo, dès mardi

Dès le lendemain, l’intéressée publie un long message. « Il fut un temps où Jean-Michel Aphatie était journaliste. Il posait des questions. Aujourd’hui, il colle des étiquettes. […] Là où une insulte tient lieu d’analyse et où personne, autour de la table, ne trouve rien à redire. » Elle ajoute que « raciste » et « xénophobe » sont « les deux seuls mots de son répertoire », ressortis « à chaque adversaire depuis vingt ans, sans jamais un fait, sans jamais un argument ». « À travers moi, ce sont des millions de Français qu’il insulte, ceux dont le seul tort est d’aimer leur pays. […] Les Français sauront reconnaître celle qui argumente et celui qui injurie. »

Knafo, 33 ans, énarque, ancienne magistrate à la Cour des comptes, a dirigé la campagne présidentielle d’Éric Zemmour en 2022. Élue députée européenne en 2024 sur la liste Reconquête, elle est devenue la principale figure médiatique du parti après le départ de Marion Maréchal, Nicolas Bay, Guillaume Peltier et Laurence Trochu. Candidate à la mairie de Paris en 2026, elle a retiré sa liste en faveur de Rachida Dati au second tour et siège depuis comme conseillère du 16e arrondissement. Son livre Le Casse du siècle (Fayard), enquête sur les finances publiques, s’est vendu à plus de 100 000 exemplaires (140 000 selon certaines présentations récentes). Elle se présente comme « au carrefour » des droites et évoque ouvertement 2027.

Praud entre dans le jeu, Aphatie ne retire rien

Sur CNews, Pascal Praud a pris fait et cause pour Knafo. Il a suggéré que la « jalousie » d’Aphatie était « un facteur important » et a ressorti une archive de Fort Boyard où Aphatie se traitait lui-même de « con ». L’éditorialiste de Quotidien a répliqué : « Deux mots sur Sarah Knafo […] et Pascal Praud plonge dans le placard aux archives pour en extraire une scène qui n’a rien à voir avec rien. Pitoyable et risible. » Aphatie n’a pas retiré les qualificatifs. Mercredi, il a au contraire confirmé les avoir employés.

Des relais militants ont appelé à saisir l’Arcom pour propos injurieux ou diffamants tenus sans contradiction sur TMC le 21 septembre vers 19 h 55. Gilles Verdez a annoncé la démarche judiciaire dans l’émission de Cyril Hanouna avant même le message de jeudi.

Ce que la justice aura à qualifier

Knafo vise l’injure publique. En droit français, traiter quelqu’un de « raciste » ou de « xénophobe » peut relever de l’injure ou de la diffamation, selon que l’on y voit une injure de personne ou l’imputation d’un fait précis. Devant les personnalités politiques, les tribunaux admettent souvent une plus large liberté de ton, au nom du débat d’idées, à condition que le propos ne soit pas une attaque gratuite détachée de tout contexte. L’issue n’est donc pas mécanique : le juge devra dire si l’affirmation d’Aphatie, liée à Zemmour, à l’AfD et à la ligne immigration de Reconquête, reste un jugement politique ou bascule dans l’injure.

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