Sanctionner la Biennale parce que la Russie y expose : le nouveau sommet de la bêtise bruxelloise

Photo : Gama. Films

On croyait avoir tout vu en matière de sanctions européennes. On avait tort. L’Union européenne vient de franchir un nouveau palier dans l’absurde en annulant définitivement une subvention de 2 millions d’euros accordée à la Biennale de Venise. Motif officiel ? La Russie a eu l’outrecuidance de rouvrir son pavillon cette année.

Oui, vous avez bien lu. Des tableaux, des installations, peut-être même une performance un peu bizarre (c’est de l’art contemporain, après tout), et soudain Bruxelles sort le couperet : « Pas nos valeurs = pas d’argent ! »

Le porte-parole de la Commission, Thomas Regnier, l’a expliqué avec le plus grand sérieux du monde : les événements culturels financés par l’argent des contribuables européens doivent « préserver les valeurs démocratiques, favoriser le dialogue, la diversité et la liberté d’expression ». Des principes, selon lui, « qui ne sont pas respectés actuellement en Russie ».

Résultat : on punit une institution culturelle italienne historique, on pénalise des artistes de toute l’Europe, tout ça pour… ne pas voir des œuvres russes. C’est beau comme de la géopolitique made in Bruxelles.

Le retour du pavillon russe, drame shakespearien à la sauce UE

La Biennale avait gentiment fermé le pavillon russe en 2022 et en 2024, histoire de montrer qu’elle aussi savait faire la morale. Mais en 2026, rebelote : la Russie est de retour malgré les protestations de Kiev et de l’UE. Le directeur de la Biennale a osé défendre l’idée complètement folle que l’art pourrait être un espace de dialogue plutôt qu’un champ de bataille idéologique. Scandale !

Pendant ce temps, la vraie question que personne ne pose à Bruxelles : est-ce que les contribuables européens ont vraiment envie que leur argent serve à faire du zèle géopolitique sur une biennale d’art ? Apparemment non, puisqu’on préfère tout annuler. C’est plus simple, et surtout plus vertueux.

On imagine déjà la scène au prochain Conseil européen : « Camarades, la situation est grave. Les Russes exposent des toiles à Venise. Il faut agir. Coupez les vivres ! Et tant pis pour les Vénitiens, les touristes et les artistes. La démocratie sera sauvée. »

L’UE continue ainsi sa brillante stratégie : punir tout le monde (y compris elle-même) pour montrer à quel point elle est fâchée. On attend avec impatience la prochaine étape : interdire aux orchestres russes de jouer du Tchaïkovski ou brûler les romans de Dostoïevski en place publique « pour des raisons de valeurs démocratiques ».

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