Saint-Denis : tensions internes après l’élection de Bally Bagayoko

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L’élection de Bally Bagayoko à la tête de la ville de Saint-Denis a entraîné une réorientation rapide de la politique de sécurité locale, provoquant un malaise notable au sein de la police municipale.

Depuis la mi-mars, la nouvelle municipalité a engagé un processus de désarmement partiel, avec notamment la suppression des lanceurs de balles de défense (LBD). Dans le même temps, les consignes données aux agents ont évolué : priorité à la présence visible sur la voie publique, limitation des interventions jugées risquées, et restriction d’accès à certains quartiers sensibles sauf appel explicite.

Pour de nombreux policiers municipaux, cette nouvelle doctrine modifie profondément leur quotidien. Certains évoquent une perte de sens de leur mission. « On ne fait plus que de la présence », explique un agent, soulignant l’impossibilité d’intervenir comme auparavant. Cette situation alimente un sentiment d’inutilité, voire d’impuissance face à certaines situations de terrain.

Le climat interne s’en ressent. Plusieurs témoignages décrivent une ambiance tendue, marquée par les discussions autour d’éventuels départs. Selon certains agents, des dizaines de demandes de mutation auraient déjà été déposées, même si leur nombre exact reste difficile à vérifier. Le maire, de son côté, évoque pour l’instant seulement deux départs effectifs, tout en reconnaissant l’existence possible d’intentions de mobilité.

Le service compte environ 160 agents, dont 130 déployés sur la voie publique. Les brigades d’intervention seraient les plus concernées par les envies de départ, leurs missions ayant été les plus impactées par les nouvelles orientations. À l’inverse, les équipes déjà habituées à des fonctions de présence ou de surveillance semblent moins touchées.

Sur le terrain, certains policiers évoquent également une dégradation de leur sécurité personnelle. Plusieurs témoignages font état d’agressions verbales, de jets de projectiles ou de tirs de mortiers, dans un contexte où les agents estiment ne plus disposer des moyens d’action nécessaires pour répondre efficacement.

Par ailleurs, certains élus d’autres communes affirment avoir déjà recruté des agents en provenance de Saint-Denis, signe d’une possible recomposition progressive des effectifs. La municipalité tente néanmoins de contenir les départs en imposant le respect des délais de préavis, afin de préserver la continuité du service.

Au-delà des tensions internes, plusieurs policiers estiment que cette évolution pourrait avoir des conséquences visibles sur l’espace public, évoquant un retour plus marqué de certaines activités illégales, notamment autour des gares ou dans certains quartiers.

Dans ce contexte, la police municipale de Saint-Denis traverse une phase d’incertitude, entre adaptation à une nouvelle doctrine et interrogations sur son rôle futur.

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