Pour sa rentrée médiatique, Bruno Retailleau a choisi l’offensive. Invité mercredi soir 26 août 2026 sur BFMTV, le président des Républicains et candidat LR à la présidentielle de 2027 a qualifié La France insoumise de « parti de collabos avec les ennemis de la France ».
« Ces gens-là préfèrent pactiser avec les islamistes plutôt que de protéger les Français. Ce sont des collabos », a-t-il déclaré. Il a répété : « C’est un parti de collabos avec les ennemis de la France. » Le sénateur de Vendée a ajouté : « Moi, je suis en résistance contre ces gens-là. C’est quoi la prochaine étape ? Dépénaliser l’antisémitisme ? »
Retailleau affirme que LFI est plus dangereuse pour le pays que le Rassemblement national. Cette position le distingue de plusieurs cadres de la fausse droite LR — les Jean-François Copé, Valérie Pécresse, Xavier Bertrand de sinistre mémoire — qui renvoient habituellement dos à dos les formations mélenchoniste et lepéniste.
Pour étayer son propos, il a cité des prises de position « apparues ces dernières semaines » : Louis Boyard, qui « veut interdire des médias » (CNews) ; Sébastien Delogu, visé par une plainte de policiers pour outrage après une intervention à son domicile marseillais ; Jean-Luc Mélenchon, qui a accusé dimanche les préfets de « faire des procès aux députés Insoumis » ; Rima Hassan, qui plaide pour la suppression du délit d’apologie du terrorisme et a appelé à revoir certaines infractions terroristes. Il a rappelé qu’il y a un an, le groupe LFI à l’Assemblée avait déposé une proposition de loi visant à supprimer ce délit.
Retailleau a ensuite dénoncé un « deux poids, deux mesures » dans le traitement des propos de Jean-Luc Mélenchon et de ses cadres depuis le 7 octobre, comparé aux réactions suscitées dans les années 1980-1990 par les dérapages de Jean-Marie Le Pen. Il a évoqué les railleries de Mélenchon, pendant la campagne des municipales 2026, sur la prononciation de patronymes juifs comme Epstein ou Glucksmann. « C’est ce qu’avait fait Jean-Marie Le Pen avec des noms de journalistes à consonance juive en 1989. Quand c’était Monsieur Le Pen, on sortait dans la rue, à juste titre, et là, on ne dirait rien ? » Cette différence tiendrait, selon lui, à un « privilège rouge ».
Il a inscrit sa charge dans le souvenir des attentats islamistes de 2015-2016, de l’assassinat du colonel Arnaud Beltrame au printemps 2018 et de celui de Samuel Paty.
L’intervention intervient après un été décrit comme plutôt discret sur le front de campagne de Retailleau.
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