Réseaux sociaux : sous prétexte de protéger les enfants, l’État prépare la surveillance de masse

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La France s’apprête à franchir un seuil historique : conditionner l’accès aux réseaux sociaux à une procédure d’identification numérique généralisée. Officiellement, il s’agit de protéger les moins de 15 ans. Dans les faits, c’est l’ensemble de la population qui est concernée.

Pour empêcher les mineurs d’accéder à TikTok, Instagram ou X, il faut contrôler l’âge de tout le monde. Pas seulement celui des adolescents. Celui des adultes, des retraités, des journalistes, des opposants politiques, des citoyens ordinaires. Autrement dit : instaurer un contrôle d’identité numérique permanent pour exercer une activité aussi banale que publier un message.

Une interdiction qui implique le fichage universel

Le principe est simple et brutal : sans preuve d’âge, pas d’accès aux réseaux sociaux.
Et pour prouver son âge, il faudra transmettre une information issue de documents officiels, de données biométriques ou de systèmes bancaires.


Carte d’identité.
Selfie vidéo analysé par algorithme.
Reconnaissance faciale.
Connexion à une application d’État.

Le gouvernement appelle cela de la « régulation ». Le mot exact est traçabilité.

Le mythe rassurant du « tiers de confiance »

Pour calmer les inquiétudes, l’exécutif promet un dispositif magique : un « tiers de confiance » qui vérifierait l’âge sans révéler l’identité. Une sorte d’ange numérique neutre, incorruptible, invisible.

Dans la réalité technique, cela signifie :

  • un intermédiaire qui reçoit des données sensibles,
  • une infrastructure centralisée,
  • des bases d’identités numériques,
  • des échanges automatisés entre plateformes et prestataires.

Le tout sous supervision de l’État.

On ne supprime pas le risque, on le déplace. Et on l’industrialise.

France Identité : l’État juge et partie

Parmi les solutions évoquées figure France Identité, application officielle du ministère de l’Intérieur, liée à la carte d’identité électronique.

Autrement dit :
l’État fournit l’identité,
l’État certifie l’âge,
l’État contrôle l’infrastructure.

Même lorsque le gouvernement affirme qu’il ne stockera rien, la question centrale demeure : qui possède la capacité technique de savoir ?

En matière de libertés publiques, la capacité compte autant que l’intention.

La reconnaissance faciale comme norme sociale

Dans le débat parlementaire, plusieurs responsables ont évoqué sans détour les technologies envisagées :

  • scan du visage,
  • analyse biométrique,
  • croisement de données administratives.

Ce qui était hier réservé aux frontières, aux prisons ou aux aéroports devient la condition d’accès à la parole publique numérique.

Publier un commentaire demain pourrait nécessiter de montrer son visage à une machine.

L’argument moral comme cheval de Troie

« Protéger les enfants. »

La formule est imparable. Qui oserait s’y opposer sans être immédiatement soupçonné de complaisance envers les pires dérives ?

Pourtant, l’histoire politique est constante : toute surveillance commence par une bonne intention.

Lutte contre le terrorisme.
Lutte contre la haine.
Lutte contre la désinformation.
Aujourd’hui, protection des mineurs.

À chaque fois, les dispositifs restent, les objectifs s’élargissent.

Données publiques, État fragile

Le même État qui promet la sécurité numérique :

  • perd régulièrement des millions de données personnelles,
  • voit ses administrations piratées,
  • admet ses failles structurelles,
  • sous-traite à des prestataires privés.

France Travail, CAF, hôpitaux, ministères : la liste des fuites s’allonge chaque année.

Et c’est ce système que l’on voudrait transformer en coffre-fort universel des identités numériques françaises.

Une société sous autorisation

Le mouvement est clair :

  • identité obligatoire pour s’exprimer,
  • authentification permanente pour accéder aux plateformes,
  • intermédiaires techniques contrôlés par l’État,
  • disparition progressive de l’anonymat réel.

Ce qui se présente comme une mesure ponctuelle devient une infrastructure durable.

Une société où l’on demande vos papiers pour parler.

La protection des enfants servira d’argument, la surveillance de masse sera le résultat.

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