Il y a des concepts que la bien-pensance refuse de nommer. L’islamo-gauchisme en fait partie. Pourtant, il existe un pays où cette alliance n’est plus une analyse, ni un slogan, mais un régime concret, quotidien, et mortel : la République islamique d’Iran.
Mercredi, 26 pays, dont la France, le Royaume-Uni, le Canada et l’Union européenne, ont enfin condamné les exécutions de manifestants qui se multiplient à Téhéran. Dans une déclaration commune, ils dénoncent « avec la plus grande fermeté » le recours à la peine de mort pour « faire taire les dissidents, intimider des communautés et punir des personnes exerçant leurs droits fondamentaux ». Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a résumé la situation sans détour : « Sept mois après les crimes de masse commis à l’encontre du peuple iranien qui se levait pour réclamer la justice et la dignité, le régime continue de faire couler le sang. »
Les chiffres sont glaçants. Depuis le début des manifestations de fin décembre 2025, déclenchées par la vie chère avant de se transformer en soulèvement anti-régime, l’ONU a recensé au moins 56 exécutions pour motifs de « sécurité nationale ». Plus d’une centaine d’autres personnes risquent la même fin. Le pouvoir iranien reconnaît lui-même plus de 3 000 morts, qu’il attribue bien entendu à des « actes terroristes » orchestrés par les États-Unis et Israël. Les ONG, elles, parlent de plusieurs milliers de victimes. En 2025, l’Iran a déjà exécuté au moins 1 639 personnes, un record depuis 1989.
Ce n’est pas un accident. C’est la logique même du système.
L’islamo-gauchisme n’est pas une invention de plateaux télé. C’est la convergence, observée depuis des décennies, entre une certaine gauche anti-occidentale, anti-impérialiste, et les mouvements islamistes qui se présentent comme le « vrai » camp des opprimés. En Iran, cette convergence n’a plus besoin de masquer. Le régime des mollahs est à la fois théocratique et révolutionnaire. Il parle le langage de la justice sociale, de la résistance à l’Occident, de la défense des « damnés de la terre », tout en appliquant une justice divine qui pend, torture et disparaît ceux qui contestent.
Les manifestants de janvier 2026 n’ont pas demandé plus de charia. Ils ont demandé de la dignité, du pain, et la fin d’un système qui les écrase au nom d’Allah et de la Révolution. La réponse a été celle que l’on attend d’un régime où l’islam politique et la violence d’État ne font plus qu’un : la corde.
Pendant ce temps, en France et en Europe, une partie de la gauche continue de relativiser. On trouvera toujours une « complexité » pour expliquer que les mollahs sont « d’abord victimes de l’impérialisme américain ou israélien ». On s’indignera plus volontiers d’une opération israélienne ou d’une déclaration de Donald Trump que de milliers de pendaisons iraniennes. C’est exactement le même mécanisme qui, ici, transforme les critiques de l’islamisme en « islamophobie » et les appels à l’ordre en « extrême droite ».
L’Iran montre ce que devient cette idéologie quand elle dispose de l’appareil d’État. Plus de débat. Plus de nuance. Plus de « vivre-ensemble ». Seulement la loi du plus fort, sacralisée par la religion et justifiée par l’anti-occidentalisme.
Les 26 pays qui viennent de condamner les exécutions ont raison. Mais leur déclaration arrive après des mois de sang. Et elle ne changera rien tant que l’Occident refusera de regarder en face la nature réelle du régime iranien : non pas un simple État autoritaire parmi d’autres, mais la forme pure, appliquée et triomphante de l’islamo-gauchisme.
Un régime qui tue au nom du peuple et d’Allah en même temps. Un régime qui prouve, chaque pendaison un peu plus, que cette alliance n’est pas une théorie de café. C’est une machine à faire couler le sang.
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